ELISE.
Va Tyran! n'attens pas d'Orosmane & de moy,
Que la crainte nous rende aussi lâches que toy,
Dieux! qui de Nicanor souffrant les injustices,
Semblez ses protecteurs, ou plustost ses complices,
Par de rares vertus estre semblable à vous,
Est-ce donc s'attirer vostre injuste courroux?
Est-ce avoir merité vostre haine mortelle,
Que de m'avoir aymée & de m'estre fidelle?
O Prince! qui sans moy serois moins malheureux;
A quoy donc nous reserve un destin rigoureux?
Et d'un heureux moment de joye inesperée,
D'un espoir aussi vain que de peu de durée,
A-t'il voulu flatter ceux qu'il vouloit punir;
Mon cher Alcandre enfin, qu'allons-nous devenir.