Je ne fais que d'arriver, et je ne perds pas un moment pour exécuter les
ordres de l'empereur, et pour joindre confidentiellement à ma lettre
tout ce que je dois à la confiance que vous m'avez témoignée.
L'empereur me met à même de renouer les négociations, et de la manière
la plus franche et la plus positive. Je réclame donc les facilités que
vous m'avez fait espérer, afin que je puisse vous arriver, et le plus
tôt possible. Ne laissez pas à d'autres, mon prince, le soin de rendre
la paix au monde. Il n'y a pas de raison pour qu'elle ne soit pas faite
dans quatre jours, si votre bon esprit y préside, si on la veut aussi
franchement que nous. Saisissons l'occasion, et bien des fautes et des
malheurs seront réparés. Votre tâche, mon prince, est glorieuse: la
mienne sera bien pénible; mais, puisque le repos et le bonheur de tant
de peuples, en peuvent résulter, je n'y apporterai pas moins de zèle et
de dévouement que vous.
Les dernières lettres de l'impératrice nous donnent la certitude que la
santé de S. M. est fort bonne.
Agréez, etc.
_Signé_ CAULAINCOURT, duc de Vicence.