MON PRINCE,

Je ne fais que d'arriver, et je ne perds pas un moment pour exécuter les

ordres de l'empereur, et pour joindre confidentiellement à ma lettre

tout ce que je dois à la confiance que vous m'avez témoignée.

L'empereur me met à même de renouer les négociations, et de la manière

la plus franche et la plus positive. Je réclame donc les facilités que

vous m'avez fait espérer, afin que je puisse vous arriver, et le plus

tôt possible. Ne laissez pas à d'autres, mon prince, le soin de rendre

la paix au monde. Il n'y a pas de raison pour qu'elle ne soit pas faite

dans quatre jours, si votre bon esprit y préside, si on la veut aussi

franchement que nous. Saisissons l'occasion, et bien des fautes et des

malheurs seront réparés. Votre tâche, mon prince, est glorieuse: la

mienne sera bien pénible; mais, puisque le repos et le bonheur de tant

de peuples, en peuvent résulter, je n'y apporterai pas moins de zèle et

de dévouement que vous.

Les dernières lettres de l'impératrice nous donnent la certitude que la

santé de S. M. est fort bonne.

Agréez, etc.

_Signé_ CAULAINCOURT, duc de Vicence.

Manuscrit de mil huit cent quatorze, trouvé dans les voitures impériales prises à Waterloo, contenant l'histoire des six derniers mois du règne de Napoléon · 第 86 / 126 题