Note 703: _Gesta Lud. jun., § XXV.--Guill. de Tyr., lib. XVII, § 7._

Note 704: C'est-à-dire: Guillaume de Tyr, dont on reproduit

exactement le sommaire. «Memini me frequenter interrogasse et sæpius

prudente-viros.... ut compertum historiæ mandarem præsenti, quænam

tanti mali causa fuerit.... Quorumdam erat opinio quod comitis

Flandrens sium factum quoddam occasionem præstiterat huic malo....»

(Will. Tyr., lib. XVII, c. 7.)

Note 705: _Achoisonné._ Inculpé, soupçonné.

Quant les barons de Surie l'oïrent dire, grans courroux en eurent et grant

desdaing de ce que le haut prince qui tant de terre avoit en son pays et

estoit là venu en pellerinage vouloit ores gaingner en celle manière l'un

des plus nobles et riches membres du royaume de Surie. Mieux leur sembloit,

sé le roy Baudouin ne la retenoit en son demaine, que l'un d'eux la déust

avoir. Car il sont tousjours en contens et en plais aux Sarrasins et, quant

les autres barons retournent en leurs pays, il ne se meuvent, car il n'ont

riens ailleurs. Et pour ce qu'il leur sembloit que celluy voulsist tollir

le fruit de leur travail, plus bel leur estoit que les Turs la tenissent

encore qu'elle fust donnée au conte de Flandres. Pour ce destourber

s'accordèrent à la traïson faire. Les autres disoient que le prince Raymont

d'Antioche qui trop estoit malicieux, puis que le roy de France se fu parti

de luy par mal, ne cessa de pourchascier à son povoir coment luy rendroit

ennui et destourbier de son honneur. Pour ce manda aux barons de Surie qui

estoient ses acointes et leur pria de cuer qu'il missent toute la paine

qu'il pourroient à destourber la louenge et le pris du roy, si qu'il ne

fist chose qui honnorable fust. Par sa prière avoient-il ce pourchascié.

Les tiers dient la chose ainsi comme vous oïstes premièrement, que par

grant avoir que les Turs donnèrent aux barons fu celle desloyauté faicte.

[706]Grant joye eut en la cité de Damas quant virent ainsi en aller si

grant gent qui contre eux estoient assemblés. Encontre ce tout le royaume

de Jhérusalem en fu courroucié et desconforté. Et quant ces grans hommes

s'en furent partis si fu assigné un grant parlement où assemblèrent tous

les haus barons et les meneurs. Là fu dit que bonne chose seroit qu'il

fissent un grant fait dont Nostre-Seigneur fust honnouré et par quoy l'en

parlast d'eux à tousjours mais en bien. Illec fu ramentu que la cité

d'Escalonne estoit encore au povoir des mescréans, qui séoit au milieu du

royaume, si que sé l'en la vouloit assiéger, de toutes pars pourroient

venir viandes en l'ost pour quoy ce seroit légère chose de prendre la

ville, qui longuement ne se pourroit tenir contre si grans gens. Assez fu

parlé entre eux de celle chose. Mais rien n'en fu accordé pour ce qu'il y

avoit destourbeurs qui mieux s'en amoient retourner que assiéger cités en

Surie. Si n'estoit mie de merveilles sé les estranges pellerins de France

et d'Allemaigne avoient perdu le talent de bien faire en la terre, quant il

véoient ceux du pays mesme qui Dieu et eux-mesmes avoient trahi, et le

commun proffit destourbé et empeschié, si comme il apparut devant Damas. Il

sembloit que Nostre-Seigneur ne voulsist rien faire de sa besongne par ses

gens, et se départist le parlement ains que nulle riens y eut empris.

Note 706: _Gesta Lud. jun._, § 26.

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 352 / 369 题