Note 373: _Mortemer-sur-Eaulne_, entre Aumale et Neufchatel.
Note 374: Notre bon traducteur, que les rodomontades de l'historien
normand impatientent, se permet de rappeler la seule raison qui lui
semble plausible de l'infériorité de courage des François, dans cette
circonstance.
Moult fil le duc lié de ces nouvelles et pour ce qu'il vouloit le roy
espouvanter, envoia-il un message près des herberges sur une haulte
montaigne. Quant il fu nuit, haultement commença à crier; et ceus qui
faisoient le gait s'en allèrent celle part, et luy demandèrent pourquoy il
crioit et qui il estoit. «Je ay nom,» dist-il, «Raoul de Toene, et vous
apporte dures nouvelles. Allez à Mortemer, et menez chars et charettes, et
rapportez les corps de vos amis qui là sont occis. François estoient venus
pour esprouver la chevalerie des Normans, mais il l'ont trouvée plus grant
qu'il ne voulsissent. Huedes, le chevetain, s'en est fui, et Guy, le conte
de Poitou, y est prins et tous les autres y sont mors et prins ou eschappés
par grant fuyte. Si rendez ces nouvelles au roy de par le duc de
Normandie[375].» Et quant le roy sot la vérité, si ne voult pas aler avant,
mais s'en retourna tout dolent de la perte de sa gent[376]. Et le duc
restora le chastel de Breteuil encontre le chastel de Tillière, que le roy
luy avoit tollu, qui ne vault pas moins de celuy. Bien le fist garnir et
puis le bailla à garder à Guillaume, le fils Hosbert.
Note 375: Wace, contre son habitude, a abrégé ici le texte précieux
de Guillaume de Jumièges:
Là u li Reis fu hebergiés
Fist un home tost enveier,
Ne sai varlet u esquier;
En un arbre le fist munter
Et tute nuit en haut crier:
--François! François! levez! levez!
Tenés vos veies, trop dormés:
Alés vos amis enterrer
Ki sunt ocis à Mortemer.
(Vers 10073.)