Note 342: _Willelm. Gemet. hist., lib. VI, cap. 7._

(Ainsi parolent une manière de croniques; et si, n'est-ce pas chose

contraire à ce que un autre dit, qui ainsi parole: Que)[343] la royne

Constance eut du roy Robert trois fils et une fille. Le ainsné fu cil

Henri, le second Robert et le tiers Hues, qui fu puis évesque d'Aucère; et

la fille eut nom Adelinde, qui fu puis femme Regnault, le conte de Nevers.

(Et puis si dient, en continuant la matière)[344], après que le roy Robert

fu mort, que la royne Constance prist et saisi grant partie du royaume,

comme Senlis, Sens et le chastel de Béthizy et de Melun, le Puisat[345],

Dammartin, Poissy et mains autres chasteaux et cités. Et tant avoit jà fait

qu'elle avoit à elle alié maint baron de France et de Bourgoingne qui

avoient laissié et adossé le roy Henri, leur droit seigneur; et

espéciaument Huedes, le conte de Champaingne, à qui elle avoit donné une

partie de la cité de Sens; si béoit en toutes manières à faire couronner

son mainsné fils, Robert, le duc de Bourgoingne. Et le roy Henri, qui

estoit chevalereux, vit que sa mère le vouloit ainsi deshireter, que par

elle, que par ses aides. Si assembla son ost et fist tant que par ses armes

et par sens, il abati l'orgueil de sa mère, et seurmonta tous et humilia

ceulx qui estoient contre luy. Et la première de ses batailles si fu contre

su mère, et fu le chastel de Poissy le premier qu'il recouvra. Après assist

le Puisat, et puis Meaux, et puis Melun et tous les autres aussi. Et quant

la mère vit la force et la vigueur de luy, si luy fu tart que elle se fust

accordée: à luy fist si bonne paix qui tant comme elle vesqui puis luy

porta foy et loïauté. Tantost après courut le roy sur Huedes, conte de

Champaingne, et luy tolli le chastel de Gournay et la moitié de Sens, que

sa mère luy avoit donnée, et le renvoïa arrière en sa seigneurie. Et après

courut sus Baudouyn, conte de Flandres[346], et assist longuement aucuns de

ses plus fors chasteaux; et à la parfin les prist-il et les abatti.

Note 343: Cette seconde chronique est entrée dans la continuation

d'Aimoin et dans le texte d'Hugues de Fleury. Voyez _Aimoni, lib. V,

c. 47_.

Note 344: _Hug. Floriac. chronicon, anno 1031._ (Voyez Historiens de

France, tome XI, p. 158.)

Note 345: _Le Puisat._ Latinè: _Pateolum_. Le _Puiset_, entre Étampes

et Orléans.

Note 346: Le texte d'Hugues de Fleury est ici mal rendu. Celui-ci dit

que le roi, de concert avec le marquis de Flandres Baudouin, renversa

Merville, château de Hugues Bardoul, et qu'après un siège de deux

ans, il entra dans le château de _Petuera_. «Post hæc verò, cum

_marchione_ Flandrensium Balduino, Hugonis Bardulfi castellum

Merisvillam evertit; et Petueram castrum, biennali obsidione

conclusum, suam redegit in potestatem.»

[347]En ce temps avint que Huedes, le conte de Champaingne, dont nous avons

parlé, assembla grant ost et grant orgueil contre les Allemans et les

Lorrains. Bataille y eut grant et périlleuse. En la parfin fu-il desconfi

et fu occis en fuyant devant la cité de Troies. Deux fils avoit: Thibaut,

Estienne. Thibaut, l'ainsné, eut Chartres et Tours, et son frère Troies et

Meaux.

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 172 / 369 题