Note 299: _Willelm. Gemetic. hist., lib. IV, cap. 19._

Quant il senti qu'il affoibloioit, si appela, une heure, le conte Raoul,

son frère, et luy demanda conseil coment il ordoneroit de sa terre. Cil fu

moult esbahi quant le duc luy parla de telle chose; mais toutefois luy

conseilla qu'il ordenast du commun estat du pays. Ses nobles homs manda, et

fist devant tous venir son fils Richart et parla en telle manière: «Mes

chevaliers et mes compaingnons, je ay esté vostre sire jusques au jour

d'uy; mais puisque Nostre-Seigneur me vuelt à soy appeler, il me convient

de vous partir. Pour ce, vous prie sé vous oncques m'aimastes, que vous

obéissiez à mon fils, et que vous luy soyez loyaux ainsi comme vous avez

tousjours esté vers moy, car vous ne me povez plus avoir à seigneur.» Quant

il eut ainsi parlé en plourant, toute la sale fu remplie de cris et de

gémissemens, et quant ce fu passé si s'accordèrent à sa volenté: l'enfant

Richart reçurent à seigneur et luy firent feauté et hommage, et le duc

acoucha du tout, pour la maladie qui l'engregeoit. De ce siècle trespassa

plain de jours et rendi son esprit, entre les paroles d'oroison.

(De son fils Richart peut-on moult de bien dire. A son père retraioit en

graces et en vertus et en toutes bonnes tesches; et si ne fait pas moins à

loer du père en victoire et en discipline de chevalerie.) [300]En armes fu

moult esprouvé noblement, et sagement conduisoit ses osts en bataille et

gouvernoit, et tousjours acoustumément avoit victoire de ses ennemis. Et

tout fust-il ainsi abandonné aux choses temporels et au tumulte du siècle,

si estoit-il ferme et entier en la foy crestienne et envers ceux qui Dieu

servoient humbles et dévots; si que plusieurs églyses et abbaïes

mouteplioit en son temps, soubs luy et soubs sa seigneurie.

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 144 / 369 题