Note 229: _Id. id. c. 9._

Note 230: _Boisdie._ Fraude.

[231]Tant fu couroucié le conte Arnoul de Flandres pour ce chastel encontre

le duc Guillaume qu'il commença à traitier de sa mort entre luy et aucuns

des barons de France, et s'allièrent par serrement contre luy; et le

desloyaus traytre qui par trayson véoit à faire ce qu'il avoit en propos,

manda au duc que moult volentiers aroit à luy amour et alliance; et que,

pour l'amour de luy, pardonneroit à Herloyn son mautalent, et que sé ne

fust pour aucunes maladies qu'il avoit, il alast à sa cour meisme; et pour

ce luy prioit que il luy nominast un lieu où il peust aler et avoir à luy

parlement seur ceste besoingne. Et le duc, qui en toute manière désiroit à

prendre l'abit de moinage et à entrer en religion, et qu'il peust tout

avant laissier la terre, luy assena à Péquegni[231], sur l'eaue de Somme.

Là vindrent de deulx parties. Si fu l'ost du duc d'une partie de l'eaue, et

l'autre de l'autre. En my l'eaue estoit une ille; là s'assemblèrent les

deulx princes et s'entrebaisèrent, puis s'assistrent pour traitier de la

besoingne pourquoy il devoient estre venus; et Arnoul, qui la trayson Judas

avoit au cuer, detint longuement le duc en truffes. A la parfin, après

plusieurs baisiers et plusieurs seremens de paix et d'amour se départirent.

Si estoit jà vers le soleil couchant. Ainsi comme le duc dut entrer en sa

nef et trespassoit le flum, Heris, Basox, Robert et Riulphes, cil quatre

fils de Deable, le commencèrent à huchier que il retournast, car leur sire

avoit oublié à parler à luy d'un secret moult profitable. Quant le duc fu

retourné et il eut mis le pied hors de la nef, il sachèrent les espées et

martirièrent l'innocent, né ne pot avoir nul secours de sa gent pour l'eaue

qui estoit trop profonde, et il n'avoit nul vaissel. Le corps du saint

homme laissèrent, et tournèrent en fuie. Et Bérengier et Alain commencèrent

à crier, quant il virent occire leur seigneur né secourre ne le povoient. A

chief de pièce pristrent le corps et le dépoillèrent; la petite clef

d'argent trouvèrent pendant à la ceinture qui le trésor gardoit, c'est

assavoir la coulle et l'estamine dont il eust esté vestu en l'abbaye de

Jumèges, sé il fust retourné vif. En une bière mistrent le corps et

remportèrent à Rouen à grans pleurs et à grans cris. Encontre vint le

peuple et le clergié à pleurs et à soupirs, et l'emportèrent à l'églyse

Nostre-Dame. Si envoyèrent tantost querre l'enfant Richart à Baieux pour ce

qu'il feust à l'enterrement de son père. Là renouvelèrent les barons leur

serement à l'enfant et le baillèrent en la garde de Bernard le danois, et

vouldrent qu'il feust gardé dedens les murs de la cité.

Les grandes chroniques de France (3/6) selon que elles sont conservées en l'Eglise de Saint-Denis · 第 100 / 369 题