D'où vient ce revirement

d'idées? Tout simplement de ce

que, pendant ce court laps de

temps, le drame poignant,

sincère, qu'il y a dans

l'œuvre, s'est dégagé des

piments qui l'assaisonnent et

qu'il m'est apparu dans le

calme, tandis que, abasourdi, je

l'avoue, au sortir de la

répétition, par un dialogue

auquel on m'excusera d'avoir mis

quelques heures à m'habituer, je

n'avais saisi que confusément

les diverses péripéties par

lesquelles l'action se déroule.

Ce n'est pas un joli monde

assurément que celui où

s'agitent le Merlan, le père

Chabot, la Terreur de la Maube,

la Grande Carcasse, Lisa, la

Rouquine. Mais ce monde-là

existe, il vit près de nous,

avec ses douleurs aiguës et ses

joies brutales, ses vices

dégradants et ses vertus

relatives. Oui, ses vertus! Cela

peut paraître surprenant que le

Merlan et la Grande Carcasse

aient un code de l'honneur comme

tout le monde. Cela est

cependant, et voilà pourquoi le

drame est passionnant et

sincère; voilà pourquoi, lorsque

la Grande Carcasse se révolte à

l'idée qu'on peut la prendre

pour une voleuse, elle s'écrie

avec la plus grande sincérité,

la plus absolue bonne foi:

--Putain, oui! putain tant qu'on

voudra; mais grinche, jamais!

Voilà pourquoi encore le Merlan

accomplit ce qu'il appelle un

acte de haute justice lorsqu'il

plante son couteau dans le dos

de la fille qu'il accuse

d'avoir, par ses révélations à

la police, envoyé à la

«Nouvelle» son ancien amant, le

Marin, accusé et convaincu de

crime.

. . . . . . . . . . .

Et c'est pour cela que nous

applaudissons ferme à la

tentative désormais victorieuse

de M. Antoine et de ses

camarades. C'est parce qu'ils

ont montré au public un idéal

tout autre que celui si

conventionnel de l'ancien

théâtre, un idéal de vérité et

d'exactitude.

(_La Jeune République_)

PRESSE BELGE

La conférence de M. Méténier a été

des plus intéressantes, et il n'a

pas eu de peine à se rallier les

sympathies de son auditoire.

C'est un je m'enfichiste narquois,

un philosophe sincère. Il a occupé

pendant plusieurs années les

fonctions de secrétaire de

commissaire de police dans les

différents quartiers de Paris, ce

qui lui a permis de voir la vie de

très près et d'arriver à cette

conclusion: La vertu est un mythe.

. . . . . . . . . . .

Cette conférence a obtenu le plus

vif succès, et l'auteur dramatique

n'a pas eu moins de bravos que

n'en avait obtenu le conférencier.

. . . . . . . . . . .

_La Casserole_--ce qui veut dire,

en argot, une femme qui moucharde

pour la police--nous montre des

souteneurs s'occupant de leurs

petites affaires dans un cabaret

borgne. La Grande Carcasse, c'est

ainsi qu'on nomme la Casserole, a

jadis dénoncé un ami du Merlan à

la police.

Résultat: Dix ans de travaux

forcés.

Le Merlan, qui aimait tendrement

son ami, a juré de se venger de la

Carcasse. Le hasard la lui fait

rencontrer au cabaret en compagnie

du père Chabot. Celui-ci a été

volé dans le bouge, et la

Carcasse, qui est bonne fille,

réclame l'argent du vieux; sinon,

elle dénoncera les assistants à la

police. Le Merlan, qui brûle du

désir d'aller retrouver son ami à

la Nouvelle, plonge un couteau

dans la poitrine de la Carcasse et

se fait arrêter.

La pièce est curieuse,

intéressante et parfois émouvante,

et ces scènes de mœurs bizarres

ont vivement intéressé le public,

qui a rappelé à grands cris tous

les artistes et l'auteur.

(_La Chronique_)

Entre le vaudeville et le drame

l'auteur de _La Chair_ et de

_Monsieur Betsy_ nous a fait une

conférence sur _les voyous dans la

littérature_.

Un bruyant succès que cette

conférence-causerie dans laquelle

M. Oscar Méténier a parlé surtout

de ses livres, de son théâtre,

mettant de la crânerie et

peut-être un peu trop de

coquetterie à exposer la synthèse

de _La Casserole_, à dire comment

il fut amené à étudier les types

populaires qui sont les héros de

sa littérature.

. . . . . . . . . . .

Après cette causerie on a

écouté religieusement la

pièce. Et l'on a été empoigné,

serré à la gorge par une

émotion douloureuse devant

le dénouement éclaboussé de

sang de ce tableau de mœurs

violent où vibre de la passion.

(_L'Indépendance Belge_)

. . . . . . . . . . .

Quant à la conférence de

M. Méténier, c'est un petit

chef-d'œuvre d'impertinence

délurée et elle a été acclamée.

. . . . . . . . . . .

Méténier, tel qu'il nous est

apparu hier, est un petit homme

vif, à l'œil très noir, au sang

très chaud, le petit tapin de la

vérité dans l'art. Avec un sourire

entre cuir et chair d'une

insolence charmante, il est venu

expliquer son âme au public en

affirmant que son âme lui plaisait

beaucoup, à lui Méténier, telle

quelle; qu'on pouvait la discuter

si l'on voulait, mais que pour lui

il s'en souciait comme de ça. Au

demeurant, cette âme est simple,

droite et aimable à voir. Elle est

éprise de sincérité, elle hait les

hypocrites fadaises dont nous

sommes tant écœurés et elle se

laisse aller avec une facilité

naïvement crâne aux indignations

qui servent le faible et le

déshérité contre le fort et le

privilégié.

. . . . . . . . . . .

Où M. Méténier est vraiment

supérieur et séduisant, c'est dans

les tableaux voyous. M. Méténier

aime le peuple parce qu'il le

trouve plus sincère, meilleur,

moins canaille que les autres

classes; et l'affection qu'il lui

porte ne recule pas devant ses

vices et ses lèpres. Au contraire,

M. Méténier, s'attarde plus

volontiers encore au spectacle de

la populace, de cette populace de

souteneurs et de filles

méprisables, irresponsables et si

pittoresques qui nous a donné déjà

les modèles de tant d'œuvres

saisissantes.

. . . . . . . . . . .

C'est tout cela qu'il nous a

expliqué, sur un ton combatif et

vite, et vite, comme un homme qui

décharge son cœur et qui est bien

aise de le décharger.

Son succès a été considérable et

de pleine sympathie.

Et le succès de _La Casserole_

aussi.

. . . . . . . . . . .

La pièce est d'un très vif intérêt

de détails, et la langue, pour un

peu moins montée en couleur

qu'elle n'était dans la nouvelle,

n'en est pas moins encore fort

curieuse et d'une sincérité

absolue. M. Méténier n'a pas voulu

atténuer la violence de son récit,

et ce ne sont pas des audaces

qu'il en a fait disparaître; il a

seulement, et pour la clarté,

remplacé quelques mots d'argot

trop incompris par quelques

vocables de langue courante.

. . . . . . . . . . .

Voici que M. Alhaiza annonce trois

représentations nouvelles de _La

Casserole_. C'est une pièce à

voir. Il y a du reste, au fond de

toutes les œuvres de cette

école-là, une grande idée de pitié

sociale, pareille à celle qui

guidait l'auteur de la _Puissance

des Ténèbres_, et qu'on ne saurait

trop aider à faire son chemin.

(_La Réforme_)

. . . . . . . . . . .

_La Casserole_ a été jouée au

Molière par les artistes de M.

Alhaiza au milieu d'une grande

affluence de monde.

. . . . . . . . . . .

Nous ne conseillons pas aux dames

le spectacle actuel du Molière,

mais tous les hommes un peu

curieux de suivre l'évolution que

M. Méténier (et avec lui quelques

auteurs parisiens) veut faire

subir à l'art dramatique, iront

voir et entendre l'épisode mis en

scène avec un rare talent par cet

écrivain fécond, et, il faut le

dire, admirablement doué au point

de vue de la concision du dialogue

et de la façon d'exposer une

situation.

(_L'Éveil._)

J'engage tous les lecteurs de

_L'Artisan_ à se rendre au Molière

pour y applaudir _La Casserole_,

le drame naturaliste d'Oscar

Méténier. On ne peut s'imaginer

l'exactitude des scènes composant

cette _Casserole_, surtout pour

les personnes ayant suivi de près

les usages des quartiers... nobles

(lisez: Belleville, la Roquette,

etc.) de Paris.

M. Méténier peut se vanter

d'avoir remporté un

grand et légitime succès.

(_L'Artisan_)

L'affiche rouge de la _Matinée_

d'hier, au Molière, n'avait guère

effrayé le public, car la salle

était pleine, et il y avait nombre

de dames--plus de dames même,

m'a-t-il semblé, qu'aux spectacles

ordinaires. La curiosité des

choses défendues ne s'est pas

affaiblie chez le sexe aimable

depuis notre mère Eve. Il est vrai

que cette matinée comportait une

attraction particulière: une

conférence de M. Oscar Méténier,

un des plus marquants écrivains de

l'heure actuelle, l'auteur,

notamment, d'_En Famille_, joué

naguère sur cette même scène du

Molière, et de _Monsieur Betsy_.

Dans une causerie aimable et

spirituelle, après avoir remercié

le public belge de l'accueil qu'il

a fait à ses œuvres, et après

avoir payé un tribut de

reconnaissance à notre

compatriote, l'excellent artiste

José Dupuis, dont le talent a été

d'un si précieux concours à _M.

Betsy_, M. Oscar Méténier nous a

dit comment il avait été amené à

connaître, étudier, et... presque

aimer, ce monde des bas-fonds

parisiens, dont il trouve les

vices moins odieux, en somme, que

les vices--cachés--des classes

plus élevées, qu'il a été

également à même de

découvrir,--thèse qu'il a appuyée

de faits piquants.

. . . . . . . . . . .

M. Oscar Méténier a hautement

revendiqué pour l'écrivain,

l'auteur dramatique, et pour lui

et le Théâtre Libre en

particulier, le droit absolu de

peindre, de représenter ce qu'il

veut, ce qu'il voit. La jolie

vaillantise de M. Oscar Méténier a

été très applaudie, même de ceux

qui ne partageaient pas ses idées,

ou toutes ses idées. Et l'on peut

dire que M. Oscar Méténier, s'il

n'a pas, peut-être, fait triompher

sur toute la ligne la cause du

Théâtre libre à Bruxelles, lui a,

tout au moins, par sa parole

ardente et convaincue, acquis

l'intérêt de ses auditeurs.

Après la conférence de M. Méténier

nous avons eu _La Casserole_, une

de ses premières œuvres, un

tableau absolument naturaliste et

très pittoresque de la société

louche des bas-fonds excentriques

de Paris. Sans valoir _En

Famille_, un autre tableau du même

monde, _La Casserole_ est une

œuvre intéressante en sa vérité

étrange. Elle a été très bien

enlevée par ses interprètes du

Molière........

(_Le Soir_)

. . . . . . . . . . .

Quant à _La Casserole_ de M. Oscar

Méténier, l'auteur de _M. Betsy_

et de _En Famille_, interdite par

la censure, nous la classons de

suite parmi les œuvres destinées

à se perpétuer.

. . . . . . . . . . .

Ce petit acte est plein de vie et

fournit une étude très serrée des

mœurs interlopes des quartiers

mal famés de Paris.

. . . . . . . . . . .

L'auteur a été rappelé après la

chute du rideau et on l'a fêté

comme il le méritait.

Le Molière est entré dans une

bonne voie; aussi espérons-nous

que son dévoué directeur voudra

bien continuer cette série

intéressante d'art jeune et libre.

(_L'Impartial bruxellois_)

M. Oscar Méténier, l'écrivain

réaliste bien connu, qui a jeté un

si grand jour sur les bas-fonds de

la société parisienne et qui a

dépeint avec un talent

incontestable, dans ses romans et

ses nouvelles, les mœurs des

voyous, des souteneurs et des

filles, est venu donner jeudi, à

la première matinée libre, une

conférence des plus intéressantes.

Trois quarts d'heure durant il a

parlé avec une simplicité

charmante et un esprit bien

français sur: _les Voyous dans la

littérature_. Il a défendu

crânement ses convictions

littéraires, a cinglé, avec une

ironie fine et mordante,

l'hypocrite indignation du monde

bourgeois qui s'élève contre la

hardiesse de certaines expressions

et l'exposition des scènes prises

sur le vif.

. . . . . . . . . . .

Cette conférence, que le public a

fort goûtée et vigoureusement

applaudie, était suivie de _La

Casserole_, drame en un acte de M.

Méténier lui-même.

Cette dernière pièce, d'un

réalisme saisissant et d'une

grande puissance dramatique,

dévoile un coin tragique de la vie

du souteneur, en même temps

qu'elle est une étude de l'argot

moderne.

(_Le Peuple_)

. . . . . . . . . . .

Oscar Méténier a fait au public

bruxellois sa simple profession de

foi avec une remarquable franchise

d'allures. Il a développé, en

l'appliquant au théâtre, la thèse

invoquée par les romanciers

d'aujourd'hui qui n'admettent

point l'art sans la vérité et qui

affirment que l'art est une

manifestation de la vérité. En une

causerie concise, gauloise,

marquée tout du long au sceau de

l'esprit gaulois, avec une note

gouailleuse personnelle à

l'orateur, celui-ci a fait le

procès--peu solennel!--du théâtre

ohnettique et feuillettatoire; il

a prouvé que sa _Casserole_, dans

sa forte nudité, était moins

immorale que les quatre actes du

_Maître de Forges_.

. . . . . . . . . . .

Enfin, le conférencier a plaidé la

cause de l'indépendance

personnelle dans l'art,

l'indépendance sans limites et

sans chaînes, et résumé son

opinion dans une phrase aussi

catégorique que profonde:--«J'ai

fait _La Casserole_, comme j'ai

fait _En Famille, parce que ça m'a

plu_; s'il est des imbéciles qui

sur mon passage poussent des cris

de terreur et des hurlements

d'indignation, je souris et je

passe outre. Somme toute, je

n'impose mes pièces à personne;

les voit jouer qui veut et je ne

sache pas que j'aie pour principe

d'avoir trompé quiconque sur la

marchandise!...»

Ponctuée dans ses passages

saillants par les applaudissements

significatifs du public, cette

profession de foi a valu à Oscar

Méténier un succès qui frisait le

triomphe. Ce triomphe s'est

retrouvé au reste pendant la

représentation de _La Casserole_,

le corollaire de la conférence

donnée par l'auteur.

Cet acte d'une vérité puissante,

brutalement conçu sur un tableau

vécu, sans trame, sans intrigues,

sans entrées ni sorties scéniques

puant la banalité des vieux

refrains admis, a empoigné

vigoureusement le public. Une

scène de mœurs, âpre, sinistre

par son milieu, sinistre par son

action d'une simplicité cruelle.

Avec son éclectisme d'homme de

théâtre, Méténier n'en a pas moins

su, tout en respectant les

formules nouvelles, choisir ses

effets scéniques,--et l'on est

resté stupéfait, haletant, devant

ce tableau vivant, génialement

exact!...

. . . . . . . . . . .

Faut-il dire qu'artistes et auteur

ont été ovationnés triomphalement?

Et faut-il dire aussi que le

théâtre libre, le théâtre vrai, le

théâtre de l'avenir a fait une

glorieuse étape de plus? A M.

Méténier et à la vaillante troupe

du théâtre Molière la gloire

d'avoir remporté cette victoire

nouvelle!

(_La Lutte_, de Namur)

M. Méténier, l'auteur de _la

Casserole_, a fait sa conférence,

nourrie d'idées et de souvenirs

personnels, sur «les voyous dans

la littérature».

M. Méténier, avant de s'adonner

entièrement à la littérature, a

été secrétaire de différents

commissariats de police de Paris,

notamment dans les quartiers

excentriques de Belleville,

Grenelle et la Roquette.

Il y a appris à connaître le

peuple et à l'aimer; à l'aimer

malgré ses vices, car le peuple

est franc et sincère dans ses

vices, alors que le grand monde,

sous le couvert de ce qu'il est

convenu d'appeler la morale,

ajoute à ces mêmes vices

l'hypocrisie.

Le conférencier a expliqué ainsi

la prédilection qu'on retrouve

dans ses livres pour une certaine

classe de la population.

M. Méténier a été vigoureusement

applaudi.

_La Casserole_, qu'on jouait

ensuite, est une pièce en un acte;

les situations sont très osées, la

scène se passe dans un monde

d'escarpes et de filles perdues,

les mots sont quelquefois très

raides, mais tout est justifié:

cette pièce, au fond, est d'une

moralité âpre et austère.

L'interprétation en a été très

convenable; Mlle Leinde s'y est

surtout fait remarquer dans le

rôle de Carcasse.

(_Nouvelles du Jour_).

[Illustration]

Voyage en automobile dans la Hongrie pittoresque Fatra - Tatra - Matra · 第 4 / 4 段