La morale, morale sociale et individuelle, nationale et internationale,
la morale, dis-je, ses conséquences et sa sanction, ses conséquences
éternelles et présentes, quelle science ne rentre pas dans cette
science-là? L’_hygiène_ y rentre, et combien n’est-il pas nécessaire
d’enseigner l’hygiène à tout homme! Toute l’_économie politique_
est-elle donc autre chose que la morale: science du travail et de la
sagesse, de l’équité et de la liberté, et des sanctions immédiates,
matérielles, manifestes, du travail, de la sagesse, de l’équité et de la
liberté? C’est l’un des plus saisissants points de vue de la science du
Devoir. La _politique_ est identique à la morale; ceux qui l’ignorent
sont politiques du temps passé. Et l’_histoire_ n’est-elle pas la morale
en action? Qu’y doit-on voir, sinon la marche du genre humain, accélérée
ou entravée par le bien ou le mal? Et la _géographie_, inséparable de
l’histoire, n’implique-t-elle pas la science de la nature entière, et
n’apporte-t-elle pas dès lors à la morale tout ce tribut? Que dire de la
_logique_? N’est-elle pas véritablement inséparable de la morale, comme
sont inséparables l’intelligence et la volonté, deux facultés d’une même
âme simple[67]?
[67] Notre siècle est celui de la science comparée, et il a commencé
avec bonheur tous ces rapprochements.
Le devoir donc, le devoir intellectuel, est de chercher surtout cette
science d’ensemble qu’on peut nommer la vérité. Et ce résumé se trouve
être plus clair que les détails et ce tout est, à la fois, et plus riche
et moins lourd que les parties.