«Londres, 23 avril 1822.
«Deux petits billets de vous valent mieux que les éternelles
lettres dont je vous ennuie. Les affaires m'accablent si fort ici,
que je n'ai pas le temps de respirer. Je commence à réussir en
politique, et j'ai donné à notre diplomatie un caractère qui
convient à ce beau nom de Français que je porte. Je ne m'occupe
qu'à nous relever. On nous avait mis bien bas. J'exerce autant que
je puis l'hospitalité. Je fais rechercher tous les voyageurs
français qui arrivent, quelle que soit leur opinion, et je les
invite chez moi. J'ai fait hier mon entrée dans le monde. Je me
suis fort ennuyé à un _rout_. Je n'ai pas cessé de souffrir depuis
que je suis ici. J'ai des nuits affreuses. Le climat est
détestable. S'il n'y a pas guerre, il y aura _congrès_: vous savez
que c'est là notre secret et notre espérance. Je vous ai dit que le
roi m'a reçu merveilleusement. J'attends jeudi un mot de vous.
Puisque vous ne pouvez pas me dire tout ce que je voudrais,
dites-moi au moins des nouvelles de votre monde de France. Lord
Bristol n'est pas encore arrivé. Du moins il me parlera de vous.»