«Londres, 12 avril 1822.
«Depuis que j'ai quitté Paris, je n'ai pas reçu un mot de vous. Je
vous ai constamment écrit, et vous aurez reçu toutes mes lettres.
M. Lemoine vous aura porté les dernières. C'est le lundi et le
jeudi avant une heure qu'il faut envoyer vos lettres chez Mathieu.
Mais peut-être ne voulez-vous pas envoyer vos lettres chez lui.
Dans ce cas, écrivez-moi simplement par la poste. Mais
souvenez-vous alors qu'il faut affranchir vos lettres jusqu'à
Calais.
«Je suis plongé dans les affaires. J'ai vu lord Londonderry, et
j'ai mandé à Mathieu la conversation importante que j'ai eue avec
lui. Je serai présenté au roi le 19. Au milieu de tout cela, je
suis bien triste. Je n'entends pas parler de vous, je ne sais ce
que deviennent mes amis, ce qu'ils font. Hélas! il est trop vrai
qu'il n'y a de bonheur que dans une vie indépendante, et auprès de
ceux à qui le coeur est attaché. Écrivez-moi. Vous êtes bien
coupable et vous avez bien à réparer.»