(9 août 1797).
_Au directoire exécutif._
Je vous ai annoncé, après la bataille de Rivoli, vingt-un drapeaux, et
je ne vous en ai envoyé que quinze ou seize.
Je vous envoie, par le général Bernadotte, les autres, qui avaient été
laissés par mégarde à Peschiera.
Cet excellent général, qui a fait sa réputation sur la rive du Rhin, est
aujourd'hui un des officiers les plus essentiels à la gloire de l'armée
d'Italie. Il commande les trois divisions qui sont sur les frontières
d'Allemagne, je vous prie de vouloir bien l'envoyer à l'armée d'Italie
le plus tôt possible.
Je ne dois pas laisser passer cette occasion sans donner à sa brave
division et aux troupes qui, l'année dernière, sont venues du Rhin et de
Sambre-et-Meuse pour l'armée d'Italie, le tribut d'éloges que je dois à
leurs services.
Dans toutes les occasions, elles ont culbuté ce qui était devant elles.
Au passage du Tagliamento, comme à l'attaque de Gradisca, elles ont
montré ce courage et ce zèle ardent pour la gloire nationale, qui
distinguent les armées de la république.
Vous voyez dans le général Bernadotte un des amis les plus solides de la
république, incapable, par principes comme par caractère, de capituler
avec les ennemis de la liberté pas plus qu'avec l'honneur.