(30 juillet 1797).
_Au chef des Mainottes._
Le consul de la république française à Trieste m'a instruit de
l'attention qu'avait eue votre seigneurie de m'envoyer une députation
pour me faire connaître le désir qu'elle avait de voir dans son port
des bâtimens français, et d'être de quelque utilité aux braves soldats
français de l'armée d'Italie.
Les Français estiment le petit, mais brave peuple Mainotte, qui, seul
de l'ancienne Grèce, a su conserver sa liberté. Dans toutes les
circonstances qui pourront se présenter, ils lui donneront toujours des
marques de leur protection et prendront un soin particulier de favoriser
ses bâtimens et tous ses citoyens.
Je prie votre seigneurie d'accueillir favorablement les porteurs de
cette présente, qui ont le plus grand désir de voir de plus près les
dignes descendans de Sparte, auxquels il n'a manqué, pour être aussi
renommés que leurs ancêtres, que de se trouver sur un plus vaste
théâtre.
La première fois que quelques-uns des parens de votre seigneurie auront
occasion de venir en Italie, je la prie de vouloir bien me les adresser.
J'aurai un vrai plaisir à leur donner des marques de l'estime que j'ai
pour votre personne et pour vos compatriotes.