_A la république cisalpine._
La république cisalpine était depuis long-temps sous la domination de
la maison d'Autriche: la république française a succédé à celle-ci
par droit de conquête, elle y renonce dès ce jour, et la république
cisalpine est libre et indépendante. Reconnue par la France et par
l'empereur, elle le sera bientôt par toute l'Europe.
Le directoire de la république française, non content d'avoir employé
son influence et les victoires des armées républicaines pour assurer
l'existence politique de la république cisalpine, ne borne pas là
ses soins. Convaincu que si la liberté est le premier des biens, une
révolution entraîne à sa suite le plus terrible des fléaux, il donne au
peuple cisalpin sa propre constitution, le résultat des connaissances de
la nation la plus éclairée.
Du régime militaire le peuple cisalpin doit donc passer à un régime
constitutionnel.
Afin que ce passage puisse s'effectuer sans secousse, sans anarchie, le
directoire exécutif a cru devoir, pour cette seule fois, faire nommer
les membres du gouvernement et du corps législatif, de manière que le
peuple ne nommera qu'après un an aux places vacantes, conformément à la
constitution.
Depuis longtemps il n'existait plus de républiques en Italie. Le feu
sacré de la liberté y était étouffé, et la plus belle partie de l'Europe
était sous le joug des étrangers.
C'est à la république cisalpine à montrer au monde, par sa sagesse, par
son énergie et par la bonne organisation de ses armées, que l'Italie
moderne n'a pas dégénéré, et qu'elle est encore digne de la liberté.