(21 juin 1797).
_A M. le marquis de Gallo._
Je reçois, M. le marquis, votre lettre: je suis très fâché de votre
incommodité, quoique j'espère que cela ne nous empêchera pas de vous
voir à dîner.
Il est vrai que j'ai fait embarquer à Venise, sur des bâtimens
vénitiens, quelques troupes pour Corfou et pour Zante; mais il n'existe
aucune espèce de rassemblement du côté du midi de l'Italie. Je ne peux
pas concevoir d'où peuvent venir des bruits aussi absurdes qu'injurieux
pour la république.
La plus grande union existe entre les deux cabinets, et il serait
difficile de concevoir l'intérêt que pourrait avoir la république
française à troubler le paix existante et dont l'un et l'autre peuple se
trouvent, je crois, fort bien.
Croyez, je vous prie, M. le marquis, que je saisirai toutes les
circonstances, et que je ferai tout ce que vous désirerez, pour vous
prouver l'attachement qu'a la république française pour S. M. le roi des
Deux-Siciles.
En mon particulier, je désire de faire quelque chose qui soit agréable à
S. M. le roi des Deux-Siciles.
Je vous prie de croire aux sentimens d'estime, et à la haute
considération avec laquelle je suis, etc.