Au quartier-général à Montebello, le 19 prairial an 5 (5 juin 1797).
_Au sérénissime Doge de la république de Gênes._
Les députés que le petit conseil de la république de Gênes a bien voulu
envoyer près de moi, ont été satisfaits des sentimens de bienveillance
que la république française conserve pour la république de Gênes.
Bien loin de vouloir démembrer votre territoire, la république française
aidera de toute son influence à l'accroissement et à la prospérité de
la république de Gênes, désormais libre et gouvernée par ces principes
sacrés, fondemens de la grandeur et du bonheur des peuples.
Votre sérénité trouvera ci-dessous la note des personnes que,
conformément à la convention que nous avons faite, j'ai cru convenable
de choisir comme les plus propres à former le gouvernement provisoire.
Je me servirai de tous les moyens et de toute la force que la république
française a mis dans mes mains pour le faire respecter, et protéger la
sûreté des personnes et des propriétés des différens citoyens de la
république de Gênes.
J'ai pensé qu'il était utile de choisir des personnes de différens
rangs, des citoyens connus des différentes villes des états de la
république, qui, désormais, ne formera qu'une même famille, afin
d'étouffer les haines et de réunir tous les citoyens.
Le vif intérêt que la république française prend au peuple de Gênes,
est encore augmenté par la nécessité où je me trouve d'exiger que les
derrières de l'armée et les principaux dépôts soient tranquilles et
exempts de troubles.
(_Ici se trouve la liste des membres qui doivent composer le
gouvernement provisoire de la république de Gênes_).
Je prie votre sérénité de vouloir bien faire réunir lesdits citoyens,
les faire installer comme gouvernement provisoire, le 14 du présent
mois de juin, leur faire prêter serment d'obéissance par tous les corps
militaires, et rétablir promptement la tranquillité dans la ville de
Gênes. La république française et l'armée d'Italie, qui prend tant
d'intérêt à ladite tranquillité, aura une reconnaissance particulière
pour votre sérénité.
Je la prie de croire aux sentimens d'estime et de considération
distinguée avec lesquels je suis, etc.