BONAPARTE.

Au quartier-général à Montebello, le 17 prairial an 5 (5 juin 1797).

_Au général Baraguay d'Hilliers._

D'après les explications que vous m'avez données, citoyen général,

j'approuve le départ de deux vaisseaux de 64 pour l'expédition de

Corfou; mais j'exige absolument à bord de l'un, pour commander, le

citoyen Lallemant, et à bord de l'autre le citoyen Bourdet, qui fera les

fonctions de contre-amiral.

Faites que sur ces deux vaisseaux la moitié des matelots soient

français, et que la garnison soit française. Je ne vois aucune espèce de

nécessité à faire marcher avec ces deux vaisseaux, comme vous vous le

proposez, quatre ou cinq bâtimens armés par des Français; je préférerais

de bien s'assurer des deux vaisseaux de guerre, et de laisser monter les

autres par des Vénitiens, en leur laissant arborer dessus leur pavillon.

Il doit y avoir un troisième bâtiment dans le port de Venise prêt à

partir. Si vous pouviez y mettre la moitié de l'équipage, en Français,

un bon commandant, et garnison française, il n'y aurait point

d'inconvénient que ce bâtiment partît.

Ces deux, ou même trois bâtimens, si cela est possible, avec deux

frégates, un des deux bricks que commande Bourdet, et plusieurs bricks

vénitiens montés par des Vénitiens, seraient suffisans; de sorte qu'il

resterait à Venise la corvette _la Brune_ et un des deux bricks. Ces

trois vaisseaux de guerre s'appelleront, le premier _le Laharpe_, le

deuxième, _le Stengel_, le troisième, _le Beraud_.

Ils pourront dès aujourd'hui être considérés comme faisant partie de la

marine française. Faites-moi connaître dans quelle année les vaisseaux

ont été construits, s'ils sont bons.

Comme je ne veux mettre aucun retard dans le départ du courrier, vous

communiquerez cette lettre au citoyen Bourdet et au général Gentili.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 773 / 899 题