BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 7 prairial an 5 (26 mai 1797).

_Au ministre des relations extérieures._

J'ai reçu, citoyen ministre, toutes les lettres que vous m'avez écrites;

comme j'écris aujourd'hui au directoire sur l'objet qui regarde les

négociations, je me dispense de vous répéter les mêmes détails. Je crois

qu'il est très-essentiel que vous m'envoyiez les descriptions que vous

avez fait faire du pays entre Meuse et Rhin; je demande aussi que vous

m'envoyiez les traités secrets conclus avec le roi de Prusse.

Je crois qu'il faut que nous gardions l'île de Corfou, nous trouverons à

avoir l'île d'Elbe, lors de l'héritage du pape, qui est moribond. Le Roi

de Naples m'a même déjà fait faire des propositions d'arrangement: sa

majesté ne voudrait avoir rien moins que la Marche d'Ancône; mais il

faut bien se garder de donner un aussi bel accroissement à un prince

aussi mal intentionné et si évidemment notre ennemi le plus acharné.

Je vous remercie, citoyen ministre, de la promotion de mon frère au

ministère, à Rome.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 763 / 899 题