BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 17 floréal en 5 (6 mai 1797).

Bonaparte, général en chef de l'armée d'Italie, arrête:

ART. 1er. La ville de Verone paiera une imposition de cent vingt mille

sequins, qui sera affectée aux dépenses de l'armée.

2. Elle paiera, en outre, une contribution de cinquante mille sequins,

qui sera distribuée entre tous les soldats et officiers qui se sont

trouvés assiégés dans les châteaux, et ceux qui formaient la colonne

mobile qui s'est emparée de la ville.

3. Tous les effets qui sont au mont-de-piété et qui ont une valeur

moindre de 50 fr. seront rendus au peuple. Tous les effets d'une valeur

supérieure seront séquestrés au profit de la république.

4. Verone n'étant point la route de l'armée, ni le séjour d'aucun dépôt,

il est expressément défendu de rien payer sous prétexte d'effets perdus,

soit aux administrateurs, soit aux militaires; il ne sera admis, soit

dans la comptabilité en argent, soit dans celle en matières, aucun

déficit justifié par des pertes faites à Verone.

5. Le commissaire ordonnateur en chef fera dresser un état des pertes

qui auront été faites par les personnes formant la garnison des forts

qui se trouvaient aux hôpitaux, et il sera frappé une troisième

contribution sur la seule ville et territoire de Verone, du montant de

ladite indemnité.

6. Tous les chevaux de voiture et de selle qui se trouveront à Verone

seront affectés aux charrois d'artillerie ou à la cavalerie.

7. La ville de Verone fournira, dans le plus court délai, des cuirs pour

faire quarante mille paires de souliers et deux mille paires de bottes;

du drap pour faire douze mille paires de culottes, douze mille vestes et

quatre mille habits; des toiles pour faire douze mille chemises et douze

mille paires de guêtres; douze mille chapeaux et douze mille paires de

bas; une partie desdits effets sera destinée pour l'habillement de la

division du général Joubert.

8. Toute l'argenterie existante dans les églises ou autres bâtimens

publics, ainsi que tout ce qui appartiendrait au gouvernement, sera

confisqué au profit de la république.

9. Il sera réuni sur-le-champ une commission militaire qui,

quarante-huit heures après la réception du présent ordre, déclarera

ennemis de l'humanité et assassins les cinquante principaux coupables

auteurs de l'assassinat qui a eu lieu le jour de la seconde fête de

Pâques; lesdits coupables seront arrêtés et envoyés garottés à Toulon

pour être de là transférés à la Guiane: si cependant parmi ces cinquante

il s'en trouvait de nobles Vénitiens, ou de ceux qui furent arrêtés il

y a plusieurs mois, envoyés à Venise comme coupables de conspiration

contre la république française, et qui depuis ont été relâchés, ils

seront condamnés à être fusillés; les séquestres seront mis sur-le-champ

sur tous les biens, meubles et immeubles desdits condamnés, et leurs

biens fonds seront confisqués et affectés à faire rebâtir les maisons du

peuple qui ont été brûlées pendant le siège, et à indemniser les autres

personnes de la ville qui se trouveraient avoir perdu.

10. On fera un désarmement général dans tout le Véronais, et quiconque

sera trouvé avoir désobéi à l'ordre du désarmement, sera condamné à être

envoyé pour six ans de fers à Toulon.

11. Tous les tableaux, collections de plantes, de coquillages, etc.,

qui appartiendraient, soit à la ville, soit aux particuliers, seront

confisqués au profit de la république; les particuliers qui seront dans

le cas d'être indemnisés, le seront sur les biens des condamnés.

12. Le général chef de l'état-major, le général divisionnaire Augereau,

et le commissaire ordonnateur en chef prendront toutes les mesures pour

l'exécution du présent ordre.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 743 / 899 题