BONAPARTE.

Au quartier-général à Milan, le 17 floréal an 5 (6 mai 1797).

_À M. l'évêque de Côme._

J'ai reçu, monsieur l'évêque, la lettre que vous vous êtes donné la

peine de m'écrire, avec les deux imprimés; j'ai vu avec déplaisir la

devise qu'un zèle malentendu de patriotisme a fait mettre au-dessus d'un

de vos imprimés. Les ministres de la religion ne doivent, comme vous

l'observez fort bien, jamais s'émanciper dans les affaires civiles;

ils doivent porter la teinte de leur caractère, qui, selon l'esprit de

l'Évangile, doit être pacifique, tolérant et conciliant. Vous pouvez

être persuadé qu'en continuant à professer ces principes, la république

française ne souffrira pas qu'il soit porté aucun trouble au culte de la

religion et à la paix de ses ministres.

Jetez de l'eau et jamais de l'huile sur les passions des hommes;

dissipez les préjugés et combattez avec ardeur les faux prêtres, qui

ont dégradé la religion en en faisant l'instrument de l'ambition des

puissans et des rois. La morale de l'Évangile est celle de l'égalité, et

dès-lors elle est la plus favorable au gouvernement républicain, que va

désormais avoir votre patrie.

Je vous prie, monsieur l'évêque, de croire aux sentimens, etc.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 741 / 899 题