BONAPARTE.

Au quartier-général à Indenburg, le 20 germinal au 5 (9 avril 1797).

_Au peuple de la terre-ferme de la république de Venise._

Le sénat de Venise a, depuis le commencement de cette guerre, concentré

toutes ses sollicitudes dans les lagunes; indifférent aux maux de la

terre-ferme, il l'a livrée aux armées ennemies qui guerroyaient dans vos

contrées. Le gouvernement du sénat de Venise n'offre protection ni pour

vos personnes ni pour vos propriétés; il vient, par suite de ce système

qui le rend indifférent à votre sort, de s'attirer l'indignation de la

république française.

Je sais que, n'ayant aucune part à son gouvernement, je dois vous

distinguer dans les différens châtimens que je dois infliger aux

coupables. L'armée française protégera votre religion, vos personnes et

vos propriétés; vous avez été vexés par ce petit nombre d'hommes qui se

sont, depuis les temps de barbarie, emparés du gouvernement. Si le sénat

de Venise a sur vous le droit de conquête, je vous en affranchirai; s'il

a sur vous le droit d'usurpation, je vous restituerai vos droits. Quant

aux insensés qui, conseillés par des hommes perfides, voudraient

prendre part, et attirer sur leurs villes les maux de la guerre, je les

plaindrai, et les punirai de manière a servir d'exemple aux autres, et à

les faire repentir de leur folie.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 715 / 899 题