BONAPARTE.

_Lettre au cardinal Mathei incluse dans la précédente._

Les étrangers qui influencent la cour de Rome ont voulu et veulent

encore perdre ce beau pays; les paroles de paix que je vous avais chargé

de porter au Saint-Père, ont été étouffées par ces hommes pour qui la

gloire de Rome n'est rien, mais qui sont entièrement vendus aux cours

qui les emploient; nous touchons au dénouement de cette ridicule

comédie. Vous êtes témoin du prix que j'attachais à la paix, et du désir

que j'avais de vous épargner les horreurs de la guerre. Les lettres que

je vous fais passer, et dont j'ai les originaux entre les mains, vous

convaincront de la perfidie, de l'aveuglement et de l'étourderie de ceux

qui dirigent actuellement la cour de Rome. Quelque chose qui puisse

arriver, je vous prie, monsieur le cardinal, d'assurer Sa Sainteté

qu'elle peut rester à Rome sans aucune espèce d'inquiétude. Premier

ministre de la religion, il trouvera, à ce titre, protection pour lui

et pour l'église. Assurez également tous les habitans de Rome qu'ils

trouveront dans l'armée française des amis qui ne se féliciteront de

la victoire, qu'autant qu'elle pourra améliorer le sort du peuple, et

affranchir l'Italie de la domination des étrangers; mon soin particulier

sera de ne point souffrir qu'on apporte aucun changement à la religion

de nos pères.

Je vous prie, monsieur le cardinal, d'être assuré que, dans mon

particulier, je me ferai un devoir de vous donner, dans toutes les

circonstances, la marque de l'estime et de l'attachement avec lesquels

je suis.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 673 / 899 题