_Lettre au cardinal Mathei incluse dans la précédente._
Les étrangers qui influencent la cour de Rome ont voulu et veulent
encore perdre ce beau pays; les paroles de paix que je vous avais chargé
de porter au Saint-Père, ont été étouffées par ces hommes pour qui la
gloire de Rome n'est rien, mais qui sont entièrement vendus aux cours
qui les emploient; nous touchons au dénouement de cette ridicule
comédie. Vous êtes témoin du prix que j'attachais à la paix, et du désir
que j'avais de vous épargner les horreurs de la guerre. Les lettres que
je vous fais passer, et dont j'ai les originaux entre les mains, vous
convaincront de la perfidie, de l'aveuglement et de l'étourderie de ceux
qui dirigent actuellement la cour de Rome. Quelque chose qui puisse
arriver, je vous prie, monsieur le cardinal, d'assurer Sa Sainteté
qu'elle peut rester à Rome sans aucune espèce d'inquiétude. Premier
ministre de la religion, il trouvera, à ce titre, protection pour lui
et pour l'église. Assurez également tous les habitans de Rome qu'ils
trouveront dans l'armée française des amis qui ne se féliciteront de
la victoire, qu'autant qu'elle pourra améliorer le sort du peuple, et
affranchir l'Italie de la domination des étrangers; mon soin particulier
sera de ne point souffrir qu'on apporte aucun changement à la religion
de nos pères.
Je vous prie, monsieur le cardinal, d'être assuré que, dans mon
particulier, je me ferai un devoir de vous donner, dans toutes les
circonstances, la marque de l'estime et de l'attachement avec lesquels
je suis.