_Au général Joubert._
Je vous prie de me faire connaître le plus tôt possible si vous
croyez que l'ennemi a devant vous plus de neuf mille hommes. Il est
très-nécessaire que je sache si l'attaque que l'on vous fait est une
attaque réelle, égale ou supérieure à vos forces, ou si c'est une
attaque secondaire et pour donner le change.
L'ennemi nous présente sur Verone à peu près six mille hommes, que je
donne ordre d'attaquer dans le moment. Si vous avez neuf ou dix mille
hommes devant vous, ce qui doit réellement être pour oser faire une
attaque véritable, il s'ensuivrait qu'il n'aurait pas du côté de Legnago
plus de neuf à dix mille hommes; si cela était, et que votre attaque et
celle que je fais faire ici réussissent ce soir comme il faut, je serai
bien loin d'avoir à craindre qu'ils ne passent l'Adige.