_À M. le prince Belmonte Pignatelli, ministre de S-M. le roi des
Deux-Siciles._
Le directoire exécutif m'a envoyé dans le temps, monsieur, les notes que
vous lui avez remises, exprimant le désir que le roi votre maître
avait que l'armistice conclu entre la république française et le pape
continuât à avoir lieu et pût servir à un accommodement définitif.
J'ai en conséquence réitéré dès-lors auprès de la cour de Rome mes
instances pour l'exécution des conditions de l'armistice, et pour y
ouvrir des négociations de paix, comme vous le verrez par les pièces
que je vous ferai passer. Mais la cour de Rome, livrée à l'esprit de
vertige, a préféré le hasard des armes: la guerre est devenue
dès-lors inévitable; mais, fidèle au système de modération qui dirige
exclusivement les opérations du directoire exécutif, et envieux
de donner à sa majesté le roi des Deux-Siciles une preuve de la
considération qu'a pour lui la république française, après la première
conférence que j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous, j'ai écrit la lettre
que je vous ai communiquée à M. le cardinal Mattei. Je ne doute point
que le directoire exécutif de la république française ne soit charmé,
dans toutes les circonstances, de saisir les occasions d'affermir la
paix qui l'unit à sa majesté le roi des Deux-Siciles, et de montrer sa
modération au milieu des succès éclatans que vient d'obtenir l'armée
d'Italie, par les défaites de l'armée autrichienne et la prise de
Mantoue, comme elle a montré à l'Europe sa fermeté dans tout ce qui
tendait à soutenir la dignité de la république et la gloire des armes
françaises.