Au quartier-général à Ancône, le 24 nivose an 5 (12 février 1797)

_À M. le prince Belmonte Pignatelli, ministre de S-M. le roi des

Deux-Siciles._

Le directoire exécutif m'a envoyé dans le temps, monsieur, les notes que

vous lui avez remises, exprimant le désir que le roi votre maître

avait que l'armistice conclu entre la république française et le pape

continuât à avoir lieu et pût servir à un accommodement définitif.

J'ai en conséquence réitéré dès-lors auprès de la cour de Rome mes

instances pour l'exécution des conditions de l'armistice, et pour y

ouvrir des négociations de paix, comme vous le verrez par les pièces

que je vous ferai passer. Mais la cour de Rome, livrée à l'esprit de

vertige, a préféré le hasard des armes: la guerre est devenue

dès-lors inévitable; mais, fidèle au système de modération qui dirige

exclusivement les opérations du directoire exécutif, et envieux

de donner à sa majesté le roi des Deux-Siciles une preuve de la

considération qu'a pour lui la république française, après la première

conférence que j'ai eu l'honneur d'avoir avec vous, j'ai écrit la lettre

que je vous ai communiquée à M. le cardinal Mattei. Je ne doute point

que le directoire exécutif de la république française ne soit charmé,

dans toutes les circonstances, de saisir les occasions d'affermir la

paix qui l'unit à sa majesté le roi des Deux-Siciles, et de montrer sa

modération au milieu des succès éclatans que vient d'obtenir l'armée

d'Italie, par les défaites de l'armée autrichienne et la prise de

Mantoue, comme elle a montré à l'Europe sa fermeté dans tout ce qui

tendait à soutenir la dignité de la république et la gloire des armes

françaises.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 661 / 899 题