Au quartier-général à Milan, le 12 nivose an 5 (1er janvier 1797)

_Au citoyen président du congrès cispadan._

J'ai appris avec le plus vif intérêt, par votre lettre du 30 décembre,

que les républiques cispadanes s'étaient réunies en une seule, et que,

prenant pour symbole un carquois, elles étaient convaincues que leur

force est dans l'unité et l'indivisibilité. La misérable Italie est

depuis longtemps effacée du tableau des puissances de l'Europe. Si les

Italiens d'aujourd'hui sont dignes de recouvrer leurs droits et de se

donner un gouvernement libre, l'on verra un jour leur patrie figurer

glorieusement parmi les puissances du globe; mais n'oubliez pas que les

lois ne sont rien sans la force. Votre premier regard doit se porter sur

votre organisation militaire. La nature vous a tout donné, et,

après l'unité et la sagesse que l'on remarque dans vos différentes

délibérations, il ne vous manque plus, pour atteindre au but, que

d'avoir des bataillons aguerris et animés du feu sacré de la patrie.

Vous êtes dans une position plus heureuse que le peuple français, vous

pouvez arriver à la liberté sans la révolution et ses crimes. Les

malheurs qui ont affligé la France avant l'établissement de la

constitution ne se verront jamais au milieu de vous. L'unité qui lie les

diverses parties de la république cispadane, sera le modèle constamment

suivi de l'union qui régnera entre toutes les classes de ses citoyens;

et le fruit de la correspondance de vos principes et de vos sentimens

soutenus par le courage, sera la liberté, la république et la

prospérité.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 657 / 899 题