Au quartier-général à Milan, le 12 nivose an 5 (1er janvier 1797)

_Au chef de l'état-major._

Vous voudrez bien faire traduire devant le conseil militaire de la

Lombardie les citoyens Bockty, Chevilly et Descriveur, employés à

différentes administrations de l'armée, pour avoir volé et compromis

l'armée et les opérations les plus importantes de la guerre. C'est par

cette dilapidation infâme, le rachat des bons et les versemens factices,

qu'ils ont compromis mon opération et ont été la cause de la perte d'un

grand nombre de nos camarades; enfin ce sont de pareilles friponneries

qu'il faut réprimer par des exemples sévères, pour empêcher qu'au milieu

de l'Italie, c'est-à-dire la contrée la plus fertile de l'Europe, le

soldat ne manque du nécessaire, comme cela est arrivé plusieurs fois.

J'accuse M. Bockty d'avoir porté la corruption parmi nos agens, et de

n'être venu à l'armée que pour faire manquer mon opération en faisant

des versemens factices.

J'accuse le citoyen Chevilly d'être un des points d'appui de tout ce

manège, et d'avoir gagné des sommes considérables au détriment du

soldat.

Le citoyen Descriveur, garde-magasin à Crémone, a offert à M. Bockty dix

mille pintes de vin de versement factice: il est connu depuis longtemps

pour faire cet infâme commerce.

Je demande en conséquence que ces trois employés soient condamnés à la

peine de mort, ne devant pas être considérés comme de simples voleurs,

mais comme des hommes qui tous les jours atténuent les moyens de l'armée

et font manquer les opérations les mieux concertées, ou du moins n'en

permettent la réussite qu'après une expansion de sang français, qui

est trop précieux pour qu'on ne prenne pas toutes les mesures capables

d'épouvanter leurs complices, trop nombreux dans l'armée d'Italie.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 655 / 899 题