(14 décembre 1796).
_Au citoyen Faypoult._
Le citoyen Regnier vous communiquera un arrêté des commissaires du
gouvernement, qui tire 600,000 liv. sur la maison Flachat et Peregallo,
sur les 5,000,000 qu'ils ont, provenant des contributions de l'armée,
et qu'ils auraient dû verser dans la caisse du payeur. Cette somme est
destinée à solder le prêt, qui manque à l'armée depuis deux décades.
S'ils n'acceptent pas les lettres de change, je vous requiers de
faire mettre le scellé sur la maison Flachat, Castelli, Peregallo et
compagnie, et de chercher à procurer cet argent au payeur de l'armée.
Des opérations de la plus grande conséquence peuvent tenir à l'exécution
de cette mesure.
J'ai ordonné au général Baraguay d'Hilliers de faire mettre les scellés
sur les papiers du correspondant de cette maison à Milan.
L'armée manque de tout, le prêt est arriéré de deux décades; nous
n'avons plus de ressources que dans les 5,000,000 et les 2,000,000 qui
doivent nous rentrer d'après la convention, les ratifications ayant été
échangées à Paris. Le payeur va tirer pour 2,000,000 pour ce dernier
objet.
Vous devez avoir, outre les sept caisses venant de Bologne, quatre
ou cinq caisses venant de Milan, qui ont été estimées, je crois, 8 à
9,000,000 fr. Gardez-les bien précieusement, car il viendra un temps où
nous pourrons avoir besoin de nous en servir pour nourrir l'armée, en
empruntant dessus.