(13 décembre 1796).
_Aux citoyens Peregallo, Flachat et compagnie._
Vous avez, messieurs, reçu l'argent destiné à l'entretien de l'armée, et
elle éprouve les besoins les plus pressans: le prêt manque depuis
deux décades; ce service doit être fait sous la responsabilité de la
trésorerie, avec laquelle vous avez un marché qui y affecte spécialement
le produit de toutes les contributions et des marchandises provenant
des conquêtes de l'armée d'Italie. Il est notoire que vous avez reçu
5,000,000 dont vous n'avez rendu aucun compte. J'aime à croire que vous
solderez sur-le-champ 600,000 liv. nécessaires au payeur de l'armée, et
je vous préviens qu'il a en conséquence tiré sur vous des lettres de
change pour 600,000 fr.
Si, par une mauvaise foi inconcevable, vous aviez l'imprudence d'éluder
l'escompte de ladite lettre de change, vous seriez responsable des
événemens qui pourraient survenir, du tort que cela ferait à l'armée,
et je requiers le citoyen Faypoult de vous considérer comme des
banqueroutiers et de vous traiter comme tels.