(11 décembre 1796).
_Au général Rusca._
Je vous ferai tenir, citoyen général, le procès-verbal de ce qui s'est
passé à Carrara. Mon intention est que vous fassiez arrêter tous ceux
qui sont dénoncés comme ayant participé à la révolte; s'ils étaient
sauvés, vous feriez brûler leurs maisons, sans cependant qu'il y en ait
plus d'une de brûlée par village qui s'est mal comporté: tous les otages
que vous croirez pouvoir assurer la tranquillité seront arrêtés et
envoyés à Milan. Ce n'est pas qu'il y ait quelque chose à craindre
tant que nous serons vainqueurs; mais, à la moindre vicissitude, ils
pourraient remuer, ce qui serait un mauvais exemple pour les fiefs
impériaux et pour les habitans des montagnes de l'Apennin.
Faites transporter à Livourne les pièces de canon qui se trouvent du
côté de Carrara, lorsque la tranquillité y sera parfaitement rétablie;
lorsque vous aurez mis les patriotes en place, faites tout ce qui
pourrait être nécessaire pour effrayer les malveillans et contenter les
peuples; jetez un coup d'oeil sur les fiefs impériaux, et faites-moi
connaître ce que l'on pourrait faire pour nous attacher les habitans.