(11 décembre 1796).
_Au citoyen Fréville, secrétaire d'ambassade à Florence._
J'avais déjà reçu, citoyen, par le général commandant à Livourne le
procès-verbal fait par l'officier commandant le détachement français
qui a passé à Sienne. J'y ai vu avec la plus vive satisfaction que la
conduite du gouverneur, commandant pour son altesse royale le grand-duc
de Toscane, avait été conforme aux principes de neutralité de ce prince
avec la république française. De mauvais sujets de la ville de Sienne se
sont portés à quelques excès injurieux pour l'armée française, le temps
n'est pas éloigné où nous verrons si les habitans de Sienne soutiendront
ce caractère de mépris qu'ils paraissent manifester chez eux contre
l'armée française; ils ont insulté un détachement de deux cents hommes;
ils sont les seuls du brave peuple toscan qui se soient éloignés des
sentimens d'estime qu'on professe assez généralement pour la république
française.
N'entretenez pas la cour de Toscane de ces vétilles, dès l'instant
qu'il est prouvé que le gouverneur a fait ce qui dépendait de lui pour
réprimer ces malintentionnés.
Lorsque le moment sera venu, j'ordonnerai à un général français
d'apprendre aux habitans de Sienne qu'on n'insulte pas en vain l'armée
française, et que tôt ou tard on la trouve dans son sein, en bon nombre
et lorsque l'on s'y attend le moins. Il ne sera plus temps alors de se
repentir.