(11 décembre 1796).
_Au sénat de Bologne._
L'imposition appelée _imposta_ pèse sur le peuple des campagnes de
Bologne.
L'impôt appelé _casuel_, que retirent les curés des paroisses a un but
d'utilité réelle, puisqu'il doit suppléer à l'entretien des ministres du
culte; mais il n'est pas moins onéreux pour le peuple, qui est obligé de
payer pour recevoir les sacremens: vous avez bien des moyens pour abolir
ces deux impositions et améliorer le sort de vos concitoyens.
Moyennant l'ordre que vous avez donné pour expulser les moines qui ne
sont pas Bolonais, vous avez économisé l'entretien de trois ou quatre
cents personnes; il faut que ce soit le peuple qui jouisse de l'avantage
que la sagesse de vos mesures a procuré à votre république.
Ordonnez qu'il n'y ait dans l'état de Bologne qu'un seul couvent du
même ordre, supprimez tous ceux qui auraient moins de quinze religieux;
resserrez les couvens de religieux, et servez-vous des ressources
considérables que cela vous donnera, pour remplacer dans votre trésor
public le déficit qu'y produirait la suppression de la taxe dite
_imposta_, et indemniser les curés et vicaires du déficit que leur
procurera la suppression du _casuel_.
Je vous prie de faire exécuter l'ordre que je vous envoie sur les
commandeurs de Malte. Je n'ai pas voulu l'étendre aux moines, parce que
j'ai pensé que vous en profiteriez pour soulager le peuple.