Au quartier-général à Milan, le 21 frimaire an 5 (11 décembre 1796).
_Au général Vaubois._
Vous voudrez bien, citoyen général, me faire rendre compte de l'ordre
qui portait de couper le bois de Levinzo. C'est toujours par des
exactions faites par le commissaire du gouvernement, qu'on excite le
peuple à se révolter; il faut que la punition des chefs principaux de
la révolte soit éclatante. Je donne l'ordre au général Rusca de s'y
transporter de Castel-Novo, d'en faire fusiller trois et d'en arrêter
six en otage, et de brûler dans la ville de Carrara la maison la plus
apparente d'un de ceux qui ont pris part à la rébellion. Vous voudrez
bien organiser les trois demi-brigades que vous avez à Livourne, et
en former deux bataillons de la soixante-neuvième, et le troisième
bataillon sera formé par les troupes qui arrivent de l'Océan. Les
quatre-vingts hommes de cavalerie, les sept cents hommes de la légion
italienne et les neuf cents de la légion lombarde, avec six pièces de
canon qui doivent vous arriver, vous mettront à même de chasser les
Anglais de la côte et d'imposer aux malveillans.
Rendez-moi compte de la conduite qu'ont tenue les agens militaires du
côté de Massa et de Carrara.
Sous quelque prétexte que ce soit et sur quelque ordre que ce puisse
être, ne laissez rien sortir de Livourne. Toutes les ressources qui
peuvent y être, sont absolument nécessaires pour l'armée, qui manque
de tout, et dont les finances sont dans le plus mauvais état. Le
commissaire ordonnateur a dû donner les ordres pour la vente de tous les
objets que vous demandez. Quant aux habillemens pour les demi-brigades
que vous avez sous vos ordres à Livourne, l'essai qu'on en a fait sur
la soixante-quinzième a si mal réussi, qu'il est impossible de penser à
leur en faire fournir dans cette ville; mais on en fera faire à Milan.