(11 décembre 1796).
_Au citoyen Lavalette, aide-de-camp du général en chef._
Vous vous rendrez à Plaisance, vous y passerez toute la journée de
demain; vous me rendrez compte de la situation des deux têtes de
pont, de celle de l'artillerie qui les défend, et vous m'en enverrez
l'inventaire, ainsi que l'état de situation de la garnison de Plaisance.
Vous m'enverrez l'état nominatif de tous les Français qui sont à
Plaisance, avec des notes sur ce qu'ils font, et depuis quel temps ils
y sont; vous visiterez les hôpitaux, vous m'en enverrez l'état de
situation avec des observations sur la tenue, et un résumé de quelles
demi brigades sont les malades, avec l'état nominatif des officiers qui
y seraient; vous visiterez tous les magasins et vous m'enverrez les
inventaires; vous partirez demain, dans la nuit, de Plaisance, vous
arriverez le 3 au matin à Parme; vous vous rendrez chez son Altesse
Royale, vous la complimenterez de ma part sur le traité de paix qui
vient d'unir les deux états.
Vous vous ferez remettre l'état de tous les Français qui sont à Parme,
vous ferez arrêter ceux qui y sont sans raison, surtout, si vous pouvez
le rencontrer, un aventurier qui s'est dit long-temps mon aide-de-camp,
s'appelant Lemarais, et de me l'envoyer sous bonne escorte à Milan,
ainsi qu'un commissaire nommé Fleuri.
Je vous ferai passer une lettre pour le premier ministre du duc. Je le
prie de faire confectionner deux mille paires de bottes, dont il faudra
que vous emportiez un échantillon, que vous demanderez au général
Beaurevoir, et, au défaut d'échantillon, un modèle, et vingt-cinq mille
paires de souliers.
Vous m'écrirez de Parme sur tous ces objets; vous partirez dans la nuit
du 3 au 4, pour vous rendre à Reggio et a Modène. Vous m'enverrez de
chacune de ces deux villes la liste des Français qui s'y trouvent, soit
officiers, ou soldats, ou employés; vous me ferez connaître tout ce qui
pourrait vous frapper, qui pourrait caractériser l'esprit des habitans
de ces deux villes, surtout pour ce qui regarde leur légion.
De Modène vous irez joindre le général Rusca; vous m'écrirez sur la
situation actuelle de la Grafagniana, sur la manière dont se sont
comportées les légions italiennes, sur les exemples que l'on a faits,
ainsi qu'à Carrara; de là vous vous rendrez à Livourne.
Vous m'enverrez l'état nominatif de tous les Français qui sont dans
cette place, ne faisant pas partie de la garnison.
Vous m'écrirez le plus souvent possible pour m'instruire de l'état
des choses, et vous ne reviendrez que lorsque je vous en aurai donné
l'ordre, à moins qu'il n'y ait quelque chose de fort intéressant qui
nécessitât votre retour.