Au quartier-général à Milan, le 21 frimaire an 5

(11 décembre 1796).

_Au citoyen Lavalette, aide-de-camp du général en chef._

Vous vous rendrez à Plaisance, vous y passerez toute la journée de

demain; vous me rendrez compte de la situation des deux têtes de

pont, de celle de l'artillerie qui les défend, et vous m'en enverrez

l'inventaire, ainsi que l'état de situation de la garnison de Plaisance.

Vous m'enverrez l'état nominatif de tous les Français qui sont à

Plaisance, avec des notes sur ce qu'ils font, et depuis quel temps ils

y sont; vous visiterez les hôpitaux, vous m'en enverrez l'état de

situation avec des observations sur la tenue, et un résumé de quelles

demi brigades sont les malades, avec l'état nominatif des officiers qui

y seraient; vous visiterez tous les magasins et vous m'enverrez les

inventaires; vous partirez demain, dans la nuit, de Plaisance, vous

arriverez le 3 au matin à Parme; vous vous rendrez chez son Altesse

Royale, vous la complimenterez de ma part sur le traité de paix qui

vient d'unir les deux états.

Vous vous ferez remettre l'état de tous les Français qui sont à Parme,

vous ferez arrêter ceux qui y sont sans raison, surtout, si vous pouvez

le rencontrer, un aventurier qui s'est dit long-temps mon aide-de-camp,

s'appelant Lemarais, et de me l'envoyer sous bonne escorte à Milan,

ainsi qu'un commissaire nommé Fleuri.

Je vous ferai passer une lettre pour le premier ministre du duc. Je le

prie de faire confectionner deux mille paires de bottes, dont il faudra

que vous emportiez un échantillon, que vous demanderez au général

Beaurevoir, et, au défaut d'échantillon, un modèle, et vingt-cinq mille

paires de souliers.

Vous m'écrirez de Parme sur tous ces objets; vous partirez dans la nuit

du 3 au 4, pour vous rendre à Reggio et a Modène. Vous m'enverrez de

chacune de ces deux villes la liste des Français qui s'y trouvent, soit

officiers, ou soldats, ou employés; vous me ferez connaître tout ce qui

pourrait vous frapper, qui pourrait caractériser l'esprit des habitans

de ces deux villes, surtout pour ce qui regarde leur légion.

De Modène vous irez joindre le général Rusca; vous m'écrirez sur la

situation actuelle de la Grafagniana, sur la manière dont se sont

comportées les légions italiennes, sur les exemples que l'on a faits,

ainsi qu'à Carrara; de là vous vous rendrez à Livourne.

Vous m'enverrez l'état nominatif de tous les Français qui sont dans

cette place, ne faisant pas partie de la garnison.

Vous m'écrirez le plus souvent possible pour m'instruire de l'état

des choses, et vous ne reviendrez que lorsque je vous en aurai donné

l'ordre, à moins qu'il n'y ait quelque chose de fort intéressant qui

nécessitât votre retour.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 621 / 899 题