(6 décembre 1796).
_Au directoire exécutif._
Le citoyen Denniée est un brave homme, bon comme ordonnateur ordinaire,
mais n'ayant point assez de caractère ni de talens pour être en chef. Je
désirerais que vous m'envoyassiez le commissaire ordonnateur Wilmanzi,
dont tout le monde dit beaucoup de bien.
J'ai fait arrêter le citoyen Auzou, agent en chef des fourrages de
l'armée; il a reçu 1,700,000 fr. depuis la campagne, et il laisse
manquer son service partout: je vais le faire juger par un conseil
militaire. Il faudrait quelque grand exemple; malheureusement il y a
beaucoup de tripotage dans ces conseils, qui ne sont pas assez sévères.
Un nommé Lemosse, que l'opinion publique dénonce et qui me l'a été plus
spécialement par les moines d'un couvent, où il a proposé de recevoir
deux cents sequins pour ne pas y établir un hôpital, a été élargi par le
conseil militaire pendant mon absence: je viens d'ordonner qu'il serait
destitué et chassé de l'armée, mais cette punition est bien faible.