(24 novembre 1796).
_Au directoire exécutif._
Je vous ai instruit, citoyens directeurs, par ma dernière lettre, que le
général Vaubois avait été obligé d'abandonner la position de Rivoli, et
que l'ennemi était déjà arrivé à Castel-Novo: je profitai de la déroute
de l'ennemi à Arcole pour faire repasser sur-le-champ l'Adige à la
division du général Masséna, qui opéra sa jonction à Villa-Franca avec
celle du général Vaubois, et, réunies, elles marchèrent à Castel-Novo,
le 1er frimaire, tandis que la division du général Augereau se portait
sur les hauteurs de Sainte-Anne, afin de couper la vallée de l'Adige à
Dolce, et par ce moyen couper la retraite de l'ennemi.
Le général Joubert, commandant l'avant-garde des divisions Masséna et
Vaubois réunies, atteignit l'ennemi sur les hauteurs de Campora;
après un combat assez léger, nous parvînmes à entourer un corps de
l'arrière-garde ennemie, lui faire douze cents prisonniers, parmi
lesquels le colonel du régiment de Berberek. Un corps de trois à quatre
cents hommes ennemi, voulant se sauver, se noya dans l'Adige.
Nous ne nous contentâmes pas d'avoir repris la position de Rivoli et de
la Corona, nous poursuivîmes l'ennemi à Preabano. Augereau, pendant
ce temps-là, avait rencontré un corps ennemi sur les hauteurs
de Sainte-Anne, et l'avait dispersé, lui avait fait trois cents
prisonniers, était arrivé à Dolce, avait brûlé deux équipages de
pontons, leurs haquets, et enlevé quelques bagages.
Le général Wurmser a fait une sortie sur Mantoue hier, 3, à sept heures
du matin; la canonnade a duré toute la journée. Le général Kilmaine l'a
fait rentrer comme à l'ordinaire, plus vite qu'il n'était sorti, et lui
a fait deux cents prisonniers, pris un obusier et deux pièces de canon.
Wurmser était en personne à cette sortie. Voilà la troisième fois,
m'écrit le général Kilmaine, que Wurmser tente de faire des sorties,
toutes les fois avec aussi peu de succès. Wurmser n'est heureux que dans
les journaux que les ennemis de la république soldent à Paris.