(8 novembre 1796).
_Au général Rusca._
J'apprends par la lettre qui m'est apportée par le citoyen....., que les
affaires de la Grafagniana sont un peu arrangées.
Trois compagnies de grenadiers et cent cinquante hommes de piquet de la
dix-neuvième sont partis pour se rendre à Modène. Le citoyen Lahoz, chef
de brigade, est parti avec deux cohortes de sa légion et deux pièces de
canon pour se rendre également à Modène. J'ai envoyé l'ordre que vous
avez dû faire passer au général commandant à Livourne, pour qu'il envoie
trois cents hommes par Massa et Carrara. Je désire qu'avec ces forces,
et les deux cohortes de Modène et de Reggio, vous vous rendiez à
Castel-Novo, que vous fassiez arrêter et fusiller six chefs, que vous
fassiez brûler la maison d'une famille de ce pays, très-connue pour être
à la tête de la rébellion, et que vous fassiez arrêter douze otages et
désarmer tous ceux qui auront pris part à cette rébellion, après quoi
vous publierez un pardon général pour le passé. Vous mettrez dans le
château de Monte-Alfonso une garnison de cinquante hommes de la cohorte
de Modène; après quoi, vous donnerez l'ordre au citoyen Lahoz de se
rendre, avec ses deux cohortes et celles de Modène et de Reggio, six
pièces de canon et quatre-vingts hommes de cavalerie, à Livourne, pour y
tenir garnison sous les ordres du général commandant.
Vous donnerez l'ordre sur-le-champ à la cohorte de Bologne et à celle de
Ferrare de se rendre à Crémone. Je donne ordre au général Ménard, qui y
commande, de compléter leur armement.
Quant aux grenadiers et au piquet de la dix-neuvième, si vous croyez ne
pas en avoir besoin pour la Grafagniana, vous les retiendrez à Modène
jusqu'à ce que vos opérations soient finies, et immédiatement après vous
les renverrez à Milan.
J'oubliais de vous dire qu'il faudra faire prêter au gouvernement de
Modène, à la petite ville de Castel-Novo, et à tous les villages qui ont
pris part à la révolte, un nouveau serment d'obéissance à la république
française.
Mettez de l'éclat, dépêchez-vous, et punissez sévèrement les coupables,
afin que l'envie ne leur prenne pas de se révolter lorsque nous
pourrions être occupés.