(5 novembre 1796).
_Au chef de l'état-major._
Nous sommes arrivés avec la division Augereau à Vicence: celle de
Masséna était à huit milles d'ici, où elle s'est arrêtée lorsqu'elle a
su notre arrivée. L'ennemi est entré hier au soir à Bassano, où l'on dit
qu'il n'a que deux ou trois mille hommes. Le reste de ses troupes, que
l'on porte à sept ou huit mille hommes, est à Citadella, un corps léger
a même passé la Brenta à Ospidaletta da Brenta. Masséna va aller les
chasser.
Pressez par tous les moyens possibles l'arrivée des cinq pontons; il
faudrait les faire venir en poste, vous avez dû les rencontrer entre
Villa-Nova et Montebello. Si ces pontons m'arrivent, je passerai la
Brenta cette nuit; j'ai fait préparer ici trente-six chevaux pour les
conduire où j'en aurai besoin. J'avais ordonné qu'on en préparât un égal
nombre à Montebello; jusqu'à cette heure, tout se dispose très-bien ici:
si nous avons nos pontons ce soir, la journée de demain sera décisive.
Masséna n'a perdu autre chose qu'un seul homme qui avait eu la cuisse
cassée, qu'il a déposé à l'hôpital de Bassano. J'imagine que le
bataillon des grenadiers arrivera aujourd'hui à Vicence. Je vous attends
avec impatience. Je n'ai pas de nouvelles du général Lespinasse, du
général Dommartin, ni d'aucun officier du génie.