(4 novembre 1796).
_Au chef de l'état-major._
Le général Masséna a évacué aujourd'hui Bassano, à cinq heures du matin,
l'ennemi se trouvant en force à Castel Franco. La soixante-quinzième
doit être arrivée, à cette heure, à Vicence. Le général Augereau est
déjà à Montebello: indépendamment des hussards du premier régiment,
ce général aura encore le vingtième de dragons, fort de trois cent
cinquante hommes. J'ai donné au général Meynier le commandement de
Verone, au général Kilmaine le commandement depuis le fort de la Chiuza
jusqu'à Rovigo, ainsi que celui de Mantoue; il se tiendra à Verone.
Picot, qui est parti à minuit de Padoue, et qui a été jusque dans les
postes ennemis, m'assure qu'ils ne sont pas plus de 8 à 9,000 hommes.
Aucune de leurs patrouilles n'a encore paru à Padoue. Arrangez-vous
bien avec le général Vaubois pour qu'il exécute comme il faut les
dispositions du plan. J'espère que cette fois nous pourrons, d'un seul
coup, donner du fil à retordre. Si cette lettre vous rencontre en
chemin, faites-en part au général Vaubois, et par Dieu recommandez-lui
de ne pas ménager les courriers. Cet adjoint peut continuer jusque chez
le général Vaubois et me renvoyer Louis. Je ne serai pas fâché que le
citoyen Junot reste jusqu'à l'attaque de demain. S'il est convenu qu'on
doive attaquer demain, qu'il fasse en sorte que j'aie des nouvelles
trois fois dans la journée.
En passant la Chiuza, donnez un petit coup d'oeil, et assurez-vous
qu'il n'y manque pas de munitions de bouche; assurez-vous aussi de la
situation du pont et de l'espèce de garde qu'on y fait, cela toutefois
autant que la nuit vous le permettra.