Au quartier-général à Vérone, le 15 brumaire an 5

(5 novembre 1796).

_Au général Baraguay d'Hilliers._

Nous sommes en présence de l'ennemi, qui a passé la Piave. Vous sentez

combien nous avons besoin de troupes; activez donc la marche de tous les

dépôts et de tous les bataillons qui nous arrivent, bien entendu que

vous prendrez des mesures pour que les fusils qui sont à Crémone soient

répartis aux dépôts de Lodi et de Cassano, et que tous les soldats qui

nous viendront soient armés. Vous dirigerez les dépôts des divisions

d'Augereau et de Masséna sur Verone, où ils prendront de nouveaux ordres

à l'état-major; les dépôts de Mantoue à l'ordinaire, et les dépôts de la

division du général Vaubois, à Peschiera, où ils recevront de nouveaux

ordres. Envoyez-nous promptement les quatre-vingts hommes du cinquième

régiment de dragons que vous avez gardés à Milan; faites partir le

premier bataillon de la légion lombarde pour Verone. Vous ne nous

écrivez plus assez. Nous ne savons plus exactement ce qui arrive à

Milan: il faut que vous ayez une correspondance suivie avec le général

qui commande à Tortone, pour être instruit du jour où partent les

différens bataillons de Tortone, des jours où ils arrivent à Milan, et

l'annoncer aussitôt.

L'ennemi paraît en force: il est nécessaire d'avoir à la fois de

l'activité, de la vigilance, et de seconder de votre mieux les

opérations de l'armée, spécialement les approvisionnemens de

l'artillerie. Ayez l'oeil sur ce qui pourrait se passer du côté de

Bergame et dans les vallées de Trompir et Dider: quoique ce soit loin de

vous, cela vous intéresse trop, pour que vous ne soyez pas prévenu avant

tous les autres de ce qui pourrait arriver de ce côté-là, qui méritât

votre attention.

L'armée manque totalement de fonds, le service même du prêt est

exposé. Je vous prie de remettre la lettre que je vous fais passer au

commissaire du gouvernement, s'il y est, ou au citoyen Flachat. Voyez

également le congrès d'état et la municipalité de Milan, pour que tout

ce qui est dû soit promptement payé.

Si nous faisons des prisonniers, peut-être les ferai-je passer de

l'autre côté du Pô, pour les dépayser. J'espère que la deuxième cohorte

de la légion lombarde sera promptement organisée, ce qui vous fournira

les moyens d'escorte.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 583 / 899 题