Au quartier-général à Vérone, le 11 brumaire an 5

(1er novembre 1796).

_Au général Gentili._

J'ai reçu, citoyen général, la lettre que vous m'avez écrite. J'ai vu

avec plaisir que vous ne perdiez pas de vue l'occasion de vous emparer

de l'île d'Elbe. Je n'ai pas encore sur la Corse des nouvelles assez

précises; mais du moment que nous serons maîtres de la mer, des frégates

françaises se rendront à Ajaccio, et ce ne sera qu'à leur retour que

je ferai passer des troupes en Corse. Vous devez vivre en bonne

intelligence avec le commissaire du gouvernement, sans vous croire

obligé pourtant d'obéir à tous les arrêtés qu'il pourrait prendre pour

le service militaire, qui vous regarde seul. Vous devez surtout ne

permettre aucun acte législatif, ni qu'on s'éloigne en rien des lois

constitutionnelles de la république. Il faut que la Corse soit une bonne

fois française, et il ne faut plus y entretenir ce petit tripotage de

connivences particulières, qui tendent à éloigner les amis de la France.

Je ne crois pas que l'intention du gouvernement soit d'accorder une

amnistie aux quatre citoyens qui ont eu assez de bassesse pour porter la

couronne au roi d'Angleterre, et à ceux qui étaient membres du conseil

d'état.

Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I. · 第 577 / 899 题