(25 octobre 1796).
_Aux membres du congrès d'état._
Je vous autorise, messieurs, à prendre toutes les mesures que vous
croyez utiles, en les communiquant au général commandant la Lombardie,
et obtenant son approbation.
Vous pouvez, en conséquence, accorder aux étrangers la faculté d'acheter
des biens stables dans la Lombardie, rappeler tous les absens et surtout
ceux demeurant en pays ennemi, sous peine de séquestrer leurs biens;
saisir les rentes de ceux qui servent chez des puissances ennemies;
chasser tous les prêtres et les moines qui ne sont pas natifs de la
Lombardie; accroître l'imposition directe au point de pouvoir suffire à
la solde journalière de la légion lombarde; changer les municipalités,
les préteurs et les professeurs des écoles; et pour chacune de ces
mesures il vous faudra, à chaque acte, le conseil du général commandant
la Lombardie.
Quant à la saisie de toute l'argenterie des églises, je la crois
nécessaire; mais je pense que la moitié vous suffit pour la légion
lombarde; l'autre moitié sera versée dans la caisse de l'armée, qui
éprouve des besoins réels.
J'ai renvoyé l'exécution de cette mesure essentielle aux commissaires du
gouvernement, qui nommeront un agent pour se concerter avec vous.