Au quartier-général à Milan, le 18 vendémiaire an 5 (9 octobre 1796).
_Au commissaire du gouvernement._
Il faudrait, je crois, réunir un congrès à Modène et à Bologne, et le
composer des députés des états de Ferrare, Bologne, Modène et Reggio;
les députés seront nommés par les différens gouvernemens, de manière que
l'assemblée soit composée d'une centaine de personnes. Vous pourriez
faire la distribution proportionnée à la population en favorisant un peu
Reggio. Il faudra avoir soin qu'il y ait parmi ces députés des nobles,
des prêtres, des cardinaux, des négocians et de tous les états,
généralement estimés patriotes. On y arrêterait, 1°. l'organisation de
la légion italienne; 2°. l'on ferait une espèce de fédération pour la
défense des communes; 3°. ils pourraient envoyer des députés à Paris
pour demander leur liberté et leur indépendance. Ce congrès ne
devrait pas être convoqué par nous, mais seulement par des lettres
particulières: cela produirait un grand effet, et serait une base
de méfiance et d'alarme pour les potentats de l'Europe, et il est
indispensable que nous ne négligions aucun moyen pour répondre au
fanatisme de Rome, pour nous faire des amis et pour assurer nos
derrières et nos flancs. Je désirerais que ce congrès fût tenu le 23 de
ce mois. Je vous prie de prendre en grande considération cet objet, je
ferai en sorte de m'y trouver pour cette époque. Nous sommes ici sans un
sou, et tout coûte. Procurez-nous de l'argent.