Au quartier-général à Milan, le 17 vendémiaire an 5 (8 octobre 1796).
_Au directoire exécutif_.
Cent cinquante hommes de la garnison de Mantoue étaient sortis le 8, à
dix heures du matin, de la place, avaient passé le Pô à Borgoforte
pour chercher des fourrages; cependant, à cinq heures après midi, nous
achevâmes le blocus de Mantoue en nous emparant de la porte Pradella et
de celle de Cerese, comme j'ai eu l'honneur de vous en instruire par mon
dernier courrier.
Ce détachement, se trouvant par là séparé de Mantoue, chercha à se
retirer à Florence. Arrivé à Reggio, les habitans en furent instruits,
coururent aux armes et les empêchèrent de passer, ce qui les obligea à
se retirer dans le château de Monte-Chiragolo, sur les états du duc de
Parme. Les braves habitans de Reggio les poursuivirent, les investirent
et les firent prisonniers par capitulation. Dans la fusillade qui a eu
lieu, les gardes nationales de Reggio ont eu deux hommes tués. Ce sont
les premiers qui aient versé leur sang pour la liberté de leur pays.
Les braves habitans de Reggio ont secoué le joug de la tyrannie de leur
propre mouvement, et sans même être assurés qu'ils seraient soutenus par
nous.