Au quartier-général à Milan, le 8 fructidor an 4 (25 août 1796).
_Au général chef de l'état-major._
Vous voudrez bien, citoyen général, ordonner au général Gentili
d'organiser en compagnies tous les Corses réfugiés qui se trouvent à
Livourne, officiers, sous-officiers et soldats. Les généraux corses, les
chefs de brigade ou de bataillon réfugiés commanderont chacun une de ces
compagnies. Il leur sera distribué des fusils de ceux existans dans la
place.
Ces compagnies ne feront aucun service autre que celui relatif à
l'embarquement pour la Corse. En cas de générale ou d'alerte, le général
Gentili prendra les ordres du général de division commandant la place,
pour les postes que devront occuper lesdites compagnies. Les capitaines,
lieutenans ou sous-lieutenans faisant partie de ces compagnies devront
être armés d'un fusil.
Je vous laisse le maître de faire un règlement pour déterminer tout ce
que je n'aurais pas prévu, afin que tous les Corses réfugiés, faisant
partie desdites compagnies, puissent toucher sans confusion les rations
dues à leur grade, et qu'ils puissent, en cas d'événement, remplacer à
Livourne le bataillon de la soixante-quinzième demi-brigade que j'en ai
retiré.
Vous préviendrez le général Gentili que je lui enverrai incessamment des
instructions sur l'expédition de la Corse.
La gendarmerie de la vingt-huitième division, étant organisée, devra
concourir au service de la place. Vous autoriserez ses chefs à se
recruter parmi les réfugiés corses existans à Livourne.