Au quartier-général à Castiglione, le 2 thermidor an 4 (20 juillet
1796).
_Au citoyen Bonelli._
J'ai reçu votre lettre de Bocognano, en date du 23 juin. Je vous
félicite de votre arrivée en Corse. J'ai donné l'ordre à tous les
réfugiés de se préparer à partir pour se mettre à la tête des braves
patriotes de Corse, secouer le joug anglais, et reconquérir la liberté,
objet perpétuel des sollicitudes de nos compatriotes.
Quelle gloire pour eux, s'ils peuvent seuls chasser de la patrie ces
orgueilleux Anglais! Gloire et bonheur pour ceux qui se prononceront les
premiers! Je vous recommande de ne vous livrer à aucun esprit de parti;
que tout le passé soit oublié, hormis pour le petit nombre d'hommes
perfides qui ont égaré ce brave peuple.
Les armées de Sambre-et-Meuse et du Rhin sont dans le coeur de
l'Allemagne; tout sourit à la république. Faites en sorte de faire
parler bientôt de vous; embrassez nos bons amis, et assurez-les qu'avant
peu ils seront délivrés de la tyrannie qui les opprime.