Au quartier-général à Milan, le 29 floréal an 4 (18 mai 1796).
_Au général en chef de l'armée du roi de Sardaigne._
Je viens d'ordonner, monsieur, que les deux bateaux de sel arrêtés à
Plaisance continuent leur route sur Valence.
Peut-être jugerez-vous à propos d'envoyer à Plaisance un officier ou
un préposé, qui veillera à ce que tous les bateaux et autres convois
appartenant au roi ne soient pas interceptés par l'armée. Du moment que
vous m'aurez fait connaître là-dessus vos intentions, je m'empresserai
de donner à cet officier les facilités nécessaires pour pouvoir
remplir sa mission; il pourrait également être chargé de parcourir
les différentes rives du Pô, pour vous faire restituer les effets
appartenans au roi, que nous aurions pu arrêter.
Le chef de l'état-major expédie les ordres aux troupes qui arriveront à
Casale, de partir sur-le-champ pour Milan.
Je me suis occupé des différentes réclamations relatives à la province
d'Alba. Je désire, monsieur, que vous soyez convaincu de l'empressement
que j'aurai à faire quelque chose qui vous soit agréable.
Je vous prie de m'envoyer l'état des officiers que vous désirez que je
vous renvoie en échange de ceux que vous avez eu la complaisance de
relâcher sur parole.
J'envoie à Valence un officier du génie pour choisir un emplacement
pour la construction du pont de Valence; mais comme je laisse au roi la
jouissance de ses états en deçà du Pô, que M. Beaulieu n'a évacués que
par mon passage du Pô à Plaisance, je crois qu'il serait convenable que
vous donnassiez vous-même des ordres pour la construction dudit pont,
qu'il me serait utile d'avoir avant huit jours.