Au quartier-général d'Acqui, le 12 floréal an 4 (1er mai 1796).
_Au citoyen Faypoult._
Mon cher ministre, en vertu de la suspension d'armes que j'ai faite avec
le roi de Sardaigne, nos troupes sont entrées dans Coni et dans Ceva,
elles entrent demain dans Tortone. Nous avons trouvé à Coni, outre les
munitions de ville, tous les magasins de l'armée sarde.
Beaulieu passe le Pô, et va chercher au fond de la Lombardie refuge
contre l'armée française; il disait au roi de Sardaigne qu'il voulait ne
se débotter qu'à Lyon, il n'en prend pas le chemin.
Il n'y a pas en Piémont la première idée d'une révolution, et la France
ne voudrait pas, je pense, en faire une à ses Frais.