Au quartier-général de Cherasco, le 8 floréal an 4 (27 avril 1796).
_Au général Latour._
Je reçois à l'instant, monsieur, avec votre lettre, les deux ordres du
roi pour Ceva et Tortone.
Il n'y a, dans ce moment-ci, qu'un petit détachement à Fossano, qui se
retirera incessamment. Après demain, il n'y aura plus personne à Bra, et
j'aurai l'honneur de vous en prévenir.
Je ne garderai au-delà de la Stura qu'un corps-de-garde pour le pont de
Cherasco.
Je me fais rendre compte par le général qui commande à Coni, de la
situation du magasin de Notre-Dame de Loculo. J'aurai l'honneur de vous
écrire dès que j'aurai la réponse.
Mon aide-de-camp part pour Paris. Vous avez bien voulu vous charger de
lui livrer un passe-port, et de lui faire fournir des chevaux de poste.
J'aurai besoin de mille chevaux de trait. Je désirerais en acheter
dans le Piémont; je vous serai obligé d'accepter ce que vous proposera
là-dessus le citoyen Thévenin, agent en chef des transports militaires.
Votre aide-de camp vous remettra une note des officiers prisonniers de
guerre; dès l'instant que vous m'aurez fait connaître ceux que vous
désirez avoir, j'ordonnerai qu'on les envoie, soit à Coni, soit à
Cherasco: vous me rendrez service de faire passer les nôtres à Tortone
ou à Cherasco.