En 1752, le grand-duc de Toscane ayant voulu réformer les abus qui
se glissaient dans l'usurpation des titres de noblesse, établit
une commission chargée de la vérification de ces titres et de leur
enregistrement.
La famille des Buonaparte, ou Bonaparte[5] déchue de son ancienne
splendeur, exilée de Florence à la suite des troubles qui agitèrent
l'Italie dans le douzième siècle, présenta une requête au chapitre de
l'ordre de Saint-Étienne, pour obtenir son classement parmi les grands
de Florence.
[Footnote 5: Dans les pièces généalogiques que l'on nous a communiquées,
et qui comprenaient quarante pages in-folio, ce nom était écrit tantôt
Bonaparte, tantôt Buonaparte, quoique tout le texte fût en italien.]
C'est cette requête, accompagnée de pièces authentiques à l'appui, qui
nous a fourni les renseignemens dont nous offrons aujourd'hui un extrait
succinct.
Le premier des membres de cette famille, dont le souvenir se soit
conservé, Nicolas Bonaparte, attaché au parti des gibellins, fut compris
dans la proscription qui les frappa, et banni de Florence en 1268, après
avoir vu confisquer tous ses biens. Il se réfugia avec ses enfans à
San-Miniato.
En 1441, un descendant du même Bonaparte, Leonardo Antonio Mocci,
également gibellin, fut arrêté a Florence, accusé de haute trahison
et décapité. Un registre déposé dans les archives de San-Miniato, et
contenant l'état des biens confisqués aux rebelles, renferme le détail
de ceux appartenant à Leonardo, et dont le tiers fut déclaré appartenir
à son fils.
Depuis cette époque, plusieurs Bonaparte ont rempli avec distinction des
fonctions élevées dans l'état militaire, la magistrature, et l'église, à
Pise, à Lucques, à Florence. L'enquête faite en août 1752, et présentée
par le capitaine Nicolas Bonaparte, tant en son nom qu'en celui de ses
enfans et de ses autres parens, nous a paru devoir occuper une place
dans ce recueil; elle renferme une analyse historique des documens sur
lesquels cette famille établissait ses prétentions. Nous en donnerons
une traduction littérale.
_Enquête pour le capitaine Bonaparte, fils et consorts._
«Illustrissimes seigneurs,
«Plusieurs raisons concluantes tendent à établir que la famille des
exposans était placée dans un rang élevé et distingué de la ville de
Florence; elle est regardée comme descendant de Buonaparte gibellin,
porté, ainsi que ses fils, (_al libro del chiodo_), avec l'emploi de
capitaine. La même famille était regardée comme jouissant du rang de
grand de Florence, et fut reconnue judiciairement pour appartenir aux
ordres nobles.
«Pour prouver qu'elle tire son origine du susdit Buonaparte, exilé avec
ses fils en 1268, comme gibellin, du territoire de notre ville, nous
employerons les raisons détaillées ci-après:
«1°. Notre premier raisonnement est que, Buonaparte gibellin, exilé en
1268 du territoire florentin, s'est réfugié avec quelques-uns de ses
fils à San-Miniato, où dominait le parti gibellin, et que de lui
sont descendus messire Jacopo, fils de messire Georgio di Jacopo de
Buonaparti, résidant à San-Miniato, quartier de Poggighiti; qu'ils
furent faits nobles, ainsi qu'il appert de l'admission des preuves par
les seigneurs illustrissimes, et considérés comme descendans dudit
messire Jacopo, fils de Giorgio, et aussi comme provenant dudit
Buonaparte gibellin.
«En admettant cette première vérité, qu'ils descendent de messire
Jacopo, fils de Giorgio, il en résulte deux conséquences: l'une, que
ladite famille descendante de Buonaparte était noble à San-Miniato;
l'autre, que cette ville était devenue sa véritable patrie. Si donc l'on
reconnaît ces deux titres dans la famille des exposans, on ne peut se
refuser à croire qu'elle était noble dès ce temps-là. Judiciairement
considérée comme la vraie famille Buonaparte, elle en tirera
l'invincible argument que les exposans proviennent de la même souche que
messire Jacopo, lequel en provient lui-même par les fils de Buonaparte
gibellin.
«L'argument ci-dessus se consolide de plus en plus en applicant au cas
présent les doctrines légales: le séjour de la famille dans un même
lieu, le même grade de noblesse et au même temps, forment un faisceau de
preuves qui servent à établir la descendance d'une même souche; vérité
qui devient plus évidente encore lorsque l'on voit Buonaparte, reconnu
comme chef, donner son nom aux descendans.
«Ajoutons que l'article _de_ qui, dans d'autres familles, précède
le nom, suivant l'opinion des antiquaires les plus érudits, ne peut
indiquer qu'une famille ordinaire devenue noble. Ainsi, devant les noms
de médecins, de bourgeois et de riches, on joint l'article _de_ à leurs
noms, à moins qu'ils ne soient de haute lignée.
«On n'a jamais mis l'article _de_ devant le nom de Achin Salviati,
peintre excellent, et d'une si grande réputation; on n'en doit pas
mettre devant le nom de notre famille, pas plus sans doute que devant le
nom de nos anciens souverains _les Médicis_.
«Pour appuyer encore ce qui vient d'être dit, nous offrons les preuves
suivantes, qui semblent sans réplique: non seulement Pierre di Gio di
Jacopo di Moccio, l'un des informans, lors de la première description
des décimes de l'année 1427, est cité _comme citoyen de Florence_, mais
son père et son aïeul sont nommés comme alliés aux trois gentilshommes
florentins Grandoni, Federighi et Ricci; de plus, ils résidèrent
constamment dans le quartier du Saint-Esprit, où ils avaient leur
habitation, et ils avaient établi leur sépulture dans l'église
principale; nous citerons la mention de leur résidence au _gonfalonier
scala_ (_gonfalone scala_) où avaient passé Buonaparte gibellin et ses
fils; ce qui prouve manifestement que Pierre, dont il vient d'être
parlé, a continué d'occuper cette même habitation, comme descendant
légitime du même nom, et le rapport du magistrat atteste qu'il était
de Florence, habitait le même gonfalonier, et la même maison que le
fondateur, M. Niccolo. Mais plus tard, au lieu d'y retourner, les
Buonaparte occupèrent San-Miniato; ce qu'il est facile de reconnaître
par la réticence que fit Pierre de son surnom dans le premier état de
division qui eut lieu de sa part, ainsi que de ses descendans après lui.
Cette omission, à laquelle on mit du mystère, donne à penser, ou
plutôt à faire connaître, que ce même rejeton descendait de Buonaparte
gibellin, dont la mémoire alors devait être odieuse à Florence, et ce
moyen était plus facile à employer que de changer d'habitation, dans
le dessein de laisser ignorer ces circonstances dans la ville. Il n'en
était pas de même à San-Miniato, où dominait le parti gibellin. L'on
voit même les auteurs, descendans et collatéraux du même Pierre, ne pas
avoir recours au même moyen, et, dans toutes les occasions, tirer leur
noblesse de Buonaparte. On voit aussi le sieur Nicolo lui-même taire
tour à tour son surnom à San-Miniato, comme les autres l'avaient fait
dans la ville de Florence, et, sans doute suivant les circonstances, le
répéter ensuite deux fois dans la même inscription. On ne peut, dans le
fait, imputer la réticence de ce nom qu'au désir de se tenir à l'abri de
la haine que le peuple avait conçue pour lui, et il n'était certainement
odieux au peuple que comme l'étaient les noms des autres grands et des
gibellins: c'est le jugement qu'en portent tous les hommes éclairés.
Il est peu de familles illustres qui n'aient été exposées aux mêmes
inconvéniens à l'époque dont nous rappelons le triste souvenir.
«En quatrième lieu, lorsque, d'après l'inspection seule de l'arbre
généalogique, nous voyons un membre de la famille parvenir aux premières
dignités de l'église de Florence, dignités qui n'ont jamais été
conférées qu'avec beaucoup de circonspection, nous pouvons en tirer
l'induction de la haute considération qu'inspirait messire Jacopo, à
cause de messire Pierre, chanoine et doyen florentin, avant le prince
successeur de Francisco Bucellaï (c'est-à-dire en 1500.)
«On voit en outre les auteurs des informans alliés aux maisons Ricci,
Federighi, Grandoni, Albizzi, Visdmnini, Alberti, Masi, Tornabuoni,
parens des Tornaquiuci de Pauzano, parens de Ricasoli, Buonacorsi,
Gaetani, Pamialichi, Attavanti, Squarcialupi et Borronaci, dont est né
un des informans.
«De là on peut, avec beaucoup de raison, conclure que l'origine de la
famille est noble, venant directement du même Buonaparte.
«Enfin, de ce que notre famille a été exclue des honneurs populaires
dont elle était en possession, on doit en tirer la conséquence qu'elle
était dévouée au parti gibellin.
«On la voit ensuite transférée à San-Miniato, et y posséder un château,
et, fidèle au parti qu'elle avait embrassé, offrir une nouvelle victime
dans la personne de Leonardo Antonio _del nostro moccio_, décapité pour
cette raison en 1441.
«Toutes ces circonstances réunies établissent d'une manière péremptoire
le dévouement de cette famille aux gibellins. Nous prouverons plus tard
qu'elle jouissait d'une grande fortune, et que, si les honneurs et les
dignités qui semblent devoir être l'apanage de ce rang, lui ont été
refusés, il ne faut en accuser que les dissensions civiles qui la
réduisirent enfin à cacher son nom.
«On ne peut tirer d'aucune archive des preuves plus fortes pour
constater l'origine des informans quant à leur auteur Buonaparte. Bien
qu'elles soient très concluantes, nous espérons que vos grandeurs
voudront bien, dans leurs principes d'équité, prendre en considération
la force de ces mêmes preuves, par l'impossibilité où se trouvent les
informans de les compléter d'une manière plus satisfaisante.
«Indépendamment de la réunion des conjectures, qui vient d'être établie
par ce qui précède, nous croyons être encore à même de prouver que
Touquin d'Oddo et ses descendans remontent sans nul doute à Buonaparte
gibellin, ainsi que nous l'avons déjà avancé plusieurs fois. Nos
conjectures sont d'autant plus fondées, que nous trouvons dans un ancien
registre de la famille des exposans, du commencement de l'année 1518,
avant l'érection de la principauté, à la page 20, une note dont copie
authentique se trouvera à la suite de la présente instruction. La vérité
qui jaillit de cette note émane d'une personne respectable; elle a eu
lieu également dans un temps non suspect; il faut donc en conclure
que ce document mérite la plus grande confiance, quoiqu'il ne soit an
surplus qu'un complément des preuves de noblesse que nous sommes en état
de donner. Il faut en conclure également que cette même noblesse est
établie et confirmée par probabilités ou vraisemblances qui peuvent être
rangées au nombre des choses légales et authentiques. Ces probabilités,
outre les raisons précédemment alléguées, dérivent incontestablement de
trouver réunis, à la même époque et dans le même grade, d'une part, le
colonel messire Jacopo di Giorgio, jusqu'à Buonaparte gibellin, et de
l'autre, notre colonel Giovanni di Jaccopo jusqu'au même Buonaparte: En
suivant même la proportion des temps, il ne paraîtrait pas impossible
que lesdits Jacopo et Gio soyent tous les deux descendans du même
Buonaparte, et cette probabilité, disons plus, cette vérité, se fortifie
par l'apparition seule des personnes, qui, ayant lieu dans le même
temps, leur fait assigner avec beaucoup de vraisemblance une origine
commune. «Mais quand même cette noble origine ne serait pas établie,
comme elle l'est, n'y a-t-il pas lieu de reconnaître, en passant a
l'examen de la seconde proposition, que la famille Buonaparte se trouve
liée aux familles les plus considérées de Florence, en ligne directe.
Son séjour ancien et habituel dans cette dernière ville, ses armoiries,
en un mot, c'est-à-dire le râteau rouge avec la fleur de lys d'or,
armoiries données aux familles nobles par le roi Charles Ier, ainsi
que la croix du peuple florentin, dont elle est depuis long-temps en
possession, sont des preuves de sa noblesse qui attestent même qu'elle
remonte au temps des gibellins. «A la vérité, les marques de noblesse
données par le peuple ne s'accordèrent qu'aux familles d'un rang élevé,
et le plus souvent, comme chacun le sait, à celles des mêmes familles
qui s'empressèrent d'abjurer le parti des gibellins pour acquérir de la
popularité. Quelques-uns des nôtres ont fait cette abjuration au moment
même où ils recevaient les armoiries,. d'autres, depuis la décapitation
du susdit Leonardi. «Privée des honneurs populaires, cette famille s'est
considérée comme déchue de sa grandeur, et fut en butte à toutes sortes
de mauvais traitemens, jusqu'à l'érection de la principauté. Alors
seulement, voulant ne pas laisser perdre une illustration justement
acquise, elle a relevé pour elle-même des faits qui avaient été tenus
secrets, non pas tant, peut-être, pour en dissiper l'odieux que pour
prouver qu'elle ne renonçait pas à ses droits, comme l'ont fait nombre
d'autres familles, en refusant les armoiries et les alliances qui les
auraient rendues agréables au peuple, en suivant l'impulsion du pays.
«Venons à l'autre point de notre exposé. Il est fondé sur ce que nous
venons de dire, qu'en 1571, le chevalier Fausto Beltramini de Siena,
voulant prendre la croix de St.-Étienne, non par grâce, mais d'après
justice, établit le quartier de noblesse de Buonaparte par Catherina sa
mère, fille de Gio, fils de notre Benedetto Buonaparte. Il prouva de
même la noblesse d'Attavanti par la mère de Catherina, et en remontant
jusqu'au premier grade de noblesse de Buonaparte à Florence, dans le
temps même de la république, preuves qui émanent des documens des
magistrats de San-Miniato depuis 1570 jusqu'à 1571, où ils s'expriment
ainsi qu'il suit, au sujet des auteurs des exposans: «_c'est bien
volontairement qu'ils s'en sont abstenus, à cause de leur droit de cité
à Florence_,» et comme l'atteste plus clairement encore le témoignage de
messire Antonio de Gucci de San-Miniato.
«_Premier témoin_. Il se rappelle avoir vu ledit Gio-Buonaparte, père de
ladite Catherina, icelle mère dudit Fausto, en qualité de gentilhomme et
homme d'armes de M.Valerio Orsini, aux appointemens de la république
de Florence. Sur ces documens généraux, a été accordé le quartier de
noblesse à Buonaparte par le conseil de Pise, avec une mention honorable
sur le rapport qui en a été fait au sérénissime grand-maître.
«Les motifs de ce rapport ont été, que la famille de Buonaparte a joui
du droit de cité à Florence et à Lucques; que plusieurs membres de cette
famille avaient rempli l'emploi de _vedut_ du collège, que d'autres ont
eu des emplois au dehors; mais comme dans le temps San-Miniato n'avait
pas de siège épiscopal, et que par conséquent ces familles ne pouvaient,
en vertu des statuts de l'ordre, être admises aux preuves judiciaires, à
l'effet de prendre l'habit, d'après le chapitre 3 du même statut,
«_le candidat doit être de la nation et né dans la ville_,» malgré
l'application de ce principe aux autres quartiers de noblesse, la
justice ne put les étendre jusqu'au quartier de Buonaparte, c'est-à-dire
à l'ancienne et noble origine de Buonaparte gibellin et à ses auteurs,
quoiqu'ils fussent dès lors considérés comme grands.
«On voit en second lieu que la jouissance des emplois des collèges
mentionnée au susdit rapport, avec l'approbation du saint ordre
militaire, qui l'admettait même comme preuve judiciaire, concession
semblable à celle faite a la famille Jeppi, ne peut s'expliquer
autrement que par les preuves fournies par la famille Buonaparte et
par Beltramini, de la possession des prérogatives du grade noble de
Florence. Or, suivant les lois réglementaires de ce corps de noblesse,
elle doit être placée au rang des patriciens.
«Mais pour éclaircir davantage ce qui vient d'être exposé, nous
donnerons l'assurance que les preuves des titres des Buonaparte, faites
par Beltramini dans la personne de Catherina di Gio di Benedetto
Buonaparte, l'auteur commun, furent faites comme de famille florentine,
sanctionnées par le saint ordre militaire. Ceci fit reconnaître
judiciairement le quartier de Buonaparte à Ridolfi, soixante-dix ans
après les preuves de Beltramini. Si tel a été l'effet des preuves de
Beltramini, à plus forte raison les Buonaparte ont le droit de demander
à être, comme les Ridolphi, reconnus nobles et de famille florentine.
«En résumant aux yeux de leurs seigneuries illustrissimes ce qui vient
d'être examiné et discuté, la famille Buonaparte a le droit d'être
classée parmi les grands ou gibellins, d'après le §10 de l'instruction
de la loi sur la noblesse, ou d'être reconnue judiciairement pour
famille florentine aux ordres nobles, suivant le §5 de la même loi. Mais
dans l'un comme dans l'autre cas, leurs seigneuries illustrissimes
ne peuvent manquer de reconnaître le droit de cette même famille au
patriciat florentin, ce qu'elle attend de leur bienveillance et de leur
justice, se faisant du reste un honneur de les avoir pour juges.»
À la suite de cette pièce, s'en trouvait une autre contenant le dessin
et la description des armoiries de Bonaparte.
«Les armes de la famille de Bonaparte sont un champ rouge avec deux
raies blanches en bandes, et deux étoiles également blanches, l'une
dessous, l'autre au-dessus des bandes. Au chef de l'écu, dans un champ
d'azur, est un rateau rouge et deux fleurs de lys d'or. Au milieu du
rateau, un champ blanc avec croix rouge.
«On voit de ces armes en beaucoup d'endroits à Florence, dans le cloître
du St.-Esprit, au lieu de leur sépulture, et dans divers endroits de
la ville de San-Miniato. Elles se trouvent aussi parmi les procédures
faites au sujet de la profession de religion de St.-Etienne, par le
chancelier Fausto Beltraroini, chevalier judiciaire de cet ordre
militaire et sacré en l'année 1671, lesquelles procédures prouvent le
quartier maternel de la famille Buonaparte.
«Les armes de la branche des Franchini de San-Miniato sont un champ
d'or, et un pin au milieu. Au chef de l'ecu, est un rateau rouge dans un
champ d'azur, avec trois fleurs de lys d'or.»
L'Arbre généalogique de la famille Buonaparte, dressé d'après les pièces
produites, venait ensuite et était suivi:
1°. De renseignemens concernant la personne de Buonaparte gibellin et de
ses fils exilés.
2°. D'autres documens concernant Leonardo d'Antonio, décapité comme
gibellin.
3°. D'un Mémoire de Jules, fils de Jean Buonaparte, extrait d'un ancien
livre de la famille des exposans.
4°. D'un document qui établit que Moccio Buonaparte est fils d'Oddo.
5°. D'un arbre des décimes de la famille.
6°. D'une attestation des gabelles et autres documens concernant les
mariages et lignées de l'une et l'autre branche des Buonaparte. 7°.
D'une attestation de l'office des traites, comme dépendance du collège
et d'autres bureaux également pour les deux susdites branches.
8°. De preuves que leurs parens, depuis 1738, se sont surnommés
Buonaparte, avec la jouissance du priorat.
9°. D'extraits de baptême des auteurs de la requête.
10°. D'un document sur le patrimoine ancien et actuel de la famille;
Sur les personnes constituées en dignités dans ladite famille;
Sur les nobles et anciens tombeaux de cette même famille dans
San-Miniato et a Florence.
11°. D'un acte de notoriété de San-Miniato pour la famille de Buonaparte
en 1571.
12°. D'une enquête sur leur famille, pour prouver judiciairement leur
quartier, à l'ordre de Saint-Etienne, comme famille florentine.
13°. Des motifs des chevaliers rapporteurs pour accorder ledit quartier.
14°. Des motifs d'autres chevaliers rapporteurs auprès des
grands-maîtres dudit ordre, pour octroyer judiciairement ledit quartier
à d'autres Buonaparte.
15°. De preuves de l'établissement dans San-Miniato de l'ancienneté de
la famille de messire Jacopo, fils de messire Giorgio Buonaparte.
Ces pièces, d'un intérêt secondaire, établissent cependant d'une manière
authentique l'ancienneté de l'origine de cet homme extraordinaire, dont
la naissance fut sans doute le moindre mérite. Il appartient tout entier
au domaine de l'histoire: l'équitable postérité établira d'une manière
invariable le rang qu'il mérite, et que ne peuvent aujourd'hui lui
assigner ni l'enthousiasme ni la haine.