L'armée était forte de 4,000 hommes lorsqu'elle a attaqué Avignon, elle
est aujourd'hui à 6,000 hommes, elle sera avant quatre jours à 10,000
hommes; elle a perdu cinq hommes et quatre blessés; elle n'a point été
repoussée, puisqu'elle n'a fait aucune attaque en forme: elle a voltigé
autour de la place, a cherché à forcer les portes, en y attachant des
pétards; elle a tiré quelques coups de canon pour essayer la contenance
de la garnison; elle a dû ensuite se retirer dans son camp pour combiner
son attaque pour la nuit suivante. Les Marseillais étaient 3,600 hommes;
ils avaient une artillerie plus nombreuse et de plus fort calibre, et
cependant ils ont été contraints à repasser la Durance; cela vous étonne
beaucoup: mais c'est qu'il n'appartient qu'à de vieilles troupes de
résister aux incertitudes d'un siège; nous étions maîtres du Rhône, de
Villeneuve et de la campagne, nous eussions intercepté toutes leurs
communications. Ils ont dû évacuer la ville; la cavalerie les a
poursuivis dans leur retraite; ils ont eu beaucoup de prisonniers et ont
perdu deux pièces de canon.